Alstom s’acquitte d’une amende de 772 millions de dollars aux Etats-Unis
Alstom vient d’inscrire un nouveau record. Le groupe industriel français ravit à Siemens la palme de l’amende fédérale la plus élevée versée dans le cadre de la loi sur les pratiques de corruption à l'étranger (Foreign Corrupt Practices Act). Alstom versera 772 millions de dollars (630 millions d’euros) dans le cadre d’un réglement négocié avec le département américain de la Justice (DoJ).
«Le mécanisme de corruption d’Alstom a été maintenu en place pendant plus d’une décennie et sur plusieurs continents», a expliqué le procureur général adjoint James Cole. De 2000 à 2011, Alstom a déboursé plusieurs dizaines de millions de dollars de pots-de-vin afin de remporter 4 milliards de dollars de contrats auprès d’entreprises publiques en Indonésie, Egypte, Arabie Saoudite, à Taiwan ou encore aux Bahamas. Le groupe est passé par des consultants afin de dissimuler le transfert des fonds puis a falsifié des comptes et des documents pour masquer les paiements. Les bénéfices sont chiffrés à 300 millions de dollars.
Deux filiales américaines d’Alstom, Alstom Power et Alstom Grid (autrefois Alstom T&D), ont conclu des accords de poursuites différées (DPA) avec le DoJ. Les poursuites pénales seront abandonnées au bout de trois ans si ces deux filiales respectent les termes de l’accord. Comme cela avait été annoncé vendredi, Alstom prendra en charge le coût de l’amende bien que General Electric se soit engagé à supporter tous les passifs et risques associés au pôle énergie du groupe français.
«Alstom estime que la combinaison de l’amende et d’ajustements positifs (sur les conditions d’utilisation de la marque Alstom notamment, ndlr) devrait avoir un impact négatif net de seulement 1 à 2% sur le prix final. Cela représente une charge potentielle de 100 à 200 millions d’euros sur le prix initial (11,4 milliards d’euros en valeur d’entreprise), équivalant à 0,3-0,6 euro par action», note la Société Générale.
Du côté de la direction d’Alstom, le PDG Patrick Kron estime que cet accord permet «de se concentrer sur la poursuite de nos efforts visant à nous assurer que nos activités sont menées de manière responsable, en ligne avec les plus hauts standards éthiques». Le groupe n’a toutefois pas fini de se racheter. Selon Reuters, le Serious Fraud Office britannique accuse désormais une filiale et deux anciens employés d’avoir versé des pots-de-vin entre 2002 et 2010 en lien avec des contrats pour une centrale électrique en Lituanie.
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