Alcatel-Lucent va se donner la possibilité d’augmenter son capital

Le groupe proposera lors de son AG de diviser la valeur nominale de ses actions. Ce qui lui permettra de pouvoir se recapitaliser si besoin
Olivier Pinaud

Attendu à la direction générale d’Alcatel-Lucent le 1er avril, Michel Combes disposera à son arc d’une corde supplémentaire par rapport à son prédécesseur Ben Verwaayen. L’équipementier en télécoms pourra en effet prochainement, s’il le souhaite, augmenter son capital ce qu’il ne pouvait pas légalement faire jusqu’à présent. Une résolution soumise au vote de l’assemblée générale du 7 mai prochain propose de diviser par 40 la valeur nominale des actions du groupe pour la réduire à 0,05 euro.

Le cours de Bourse d’Alcatel-Lucent, largement inférieur à la valeur nominale de ses actions (2 euros), l’empêchait d’en émettre de nouvelles. Selon le code de Commerce, toute augmentation de capital doit en effet être réalisée à un cours égal ou supérieur à la valeur nominale. Une contrainte qui a notamment conduit le groupe à se tourner vers Goldman Sachs et Credit Suisse pour mettre en place début janvier un crédit nanti sur ses brevets afin de faire face à ses échéances de court terme, dont les 586 millions d’euros dus en juin prochain.

Selon Alcatel-Lucent, cette division du nominal doit «permettre à la société de retrouver une flexibilité financière conforme aux résolutions financières déjà adoptées par les assemblées d’actionnaires». L’AG de 2012 a autorisé le groupe à émettre de nouvelles actions, avec ou sans droits préférentiels de souscription, jusqu’en octobre 2014. La division du nominal se fera via une réduction du capital social d’un peu plus de 4,5 milliards d’euros. La somme sera affectée au compte «prime d’émission» mais ne sera pas distribuable. En revanche, le groupe pourra ultérieurement la réincorporer au capital ou s’en servir pour amortir des pertes sociales.

Alcatel-Lucent ne devrait pas avoir besoin d’une levée de fonds dans l’immédiat. Le crédit sécurisé de 2 milliards d’euros obtenu en début d’année a donné à l’équipementier les moyens de faire face à ses échéances et à sa consommation de trésorerie jusqu’en 2015, année au cours de laquelle le groupe espère générer suffisamment de cash-flow pour s’autofinancer. Mais sa marge d’erreur reste faible. Et en cas de nouvelle dégradation de l’activité, Alcatel-Lucent pourrait alors avoir besoin de se recapitaliser, notamment pour rassurer ses clients sur sa solvabilité au moment de la signature des contrats.

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