Alcatel-Lucent réussit à assouplir les conditions de son emprunt garanti

Compte tenu de la demande, le groupe devrait pouvoir emprunter 2 milliards d’euros, 400 millions de plus que prévu, à un taux moyen inférieur au plan initial
Olivier Pinaud

Le retour de plus en plus marqué du goût pour le risque profite à Alcatel-Lucent. Lancée début janvier, la syndication du prêt sécurisé envisagé par l’équipementier en télécoms rencontre une demande bien supérieure à ce que la période de pré-marketing laissait présager en décembre. Résultat, le montant global du prêt et ses taux d’intérêt ont été ajustés en faveur du groupe. Sans vouloir en dire plus, la direction d’Alcatel-Lucent a reconnu être satisfaite de la façon dont les discussions progressent et a bon espoir de les avoir bouclées avant la fin du mois de janvier. L’équipementier doit présenter ses résultats annuels le 7 février.

Selon des indiscrétions de marché encore non officielles, Alcatel-Lucent devrait pouvoir emprunter quasiment 2 milliards d’euros, soit près de 400 millions de plus qu’initialement envisagé. La ligne de crédit est divisée en trois tranches. La première, de trois ans et demi, porte sur un montant maintenu à 500 millions de dollars, avec une marge de 525 points de base au-dessus du Libor, contre 600 pb auparavant. Le niveau plancher du Libor a été maintenu à 1,25%. Signe de l’appétit des investisseurs, la dette sera vendue à 99 cents contre 98 cents auparavant. La deuxième tranche s’élève à 1,75 milliard de dollars à six ans, soit 475 millions de dollars que plus qu’initialement envisagé. Sa marge a été ramenée de 700 pb au-dessus du Libor, à 625 pb. Enfin, la troisième tranche, en euros cette fois, a été augmentée de 50 millions pour monter à 300 millions, avec une marge de 650 pb au-dessus de l’Euribor, 50 pb de moins que prévu.

Cette forte demande permettra d’alléger le coût du crédit pour Alcatel-Lucent par rapport à un taux moyen initial de l’ordre de 8,76%. Une partie des conditions contractuelles associées au crédit placé par Credit Suisse et Goldman Sachs ont également été allégées. Une façon de rassurer le gouvernement inquiet de voir les brevets du groupe servir de garantie pour les banques. Le crédit doit permettre de faire face aux échéances financières de court terme de la société, dont 586 millions d’euros dès juin 2013, en attendant un retour durable à l'équilibre de cash-flow en 2015. La somme servira aussi à couvrir les charges exceptionnelles liées au plan de suppression d’emplois lancé par Alcatel-Lucent fin 2012 portant sur 5.500 postes dans le monde.

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