Alcatel-Lucent accélère le refinancement de sa dette obligataire
Les récentes tensions sur les marchés du crédit incitent Alcatel-Lucent à faire feu de tout bois pour allonger la maturité de sa dette. L’équipementier télécoms avait déjà racheté le mois dernier à hauteur de 441 millions d’euros des souches obligataires expirant entre 2014 et 2016, puis des obligations convertibles (série B, coupon de 2,875%, échéance 2025) libellées en dollars pour environ 790 millions d’euros.
Une semaine après la présentation de son plan stratégique à 3 ans, il a lancé hier une émission d’Oceane à échéance 1er juillet 2018 pour 629 millions d’euros au maximum, si l’option de surallocation est entièrement exercée. Cette émission servira à financer «le rachat des Oceane venant à échéance le 1er janvier 2015, dont le montant nominal en circulation s’élève à environ 807 millions d’euros», une partie de cette souche (200 millions d’euros) ayant également été rachetée début mai.
«L’émission par placement privé des nouvelles Oceane a été bien accueillie par des investisseurs en majorité britanniques et français», confie à l’Agefi Pierre-Alexis Renaudin, responsable EMEA equity-linked chez Morgan Stanley, l’un des deux chefs de file de l’opération avec Crédit Agricole CIB. «Le livre d’ordres a été couvert une heure après son ouverture et fermé au bout de 4 heures», ajoute Valéry Barrier, responsable ECM chez Deutsche Bank France, coordinateur global de l’opération.
Faisant ressortir une prime d’émission de 37% par rapport au cours de référence de l’action, les nouveaux titres émis au pair porteront un taux d’intérêt annuel de 4,25%, contre 5% pour les Oceane 2015. Ils seront convertibles à partir du 12 août prochain à raison d’une action pour une obligation et seront notés par Moody’s et Standard & Poor’s. Malgré une augmentation potentielle de 15% du nombre d’actions en circulation, l’action a limité son repli à 2,7% en clôture hier. Le marché du crédit a également bien réagi, comme en témoigne le léger resserrement du coût de protection de la dette du groupe, mesuré par les CDS à 5 ans.
Le rachat des Oceane 2015, simultanément lancé hier via la constitution d’un livre d’ordres inversé, sera effectif le 4 juillet. En fonction de l’intérêt manifesté par les porteurs de cette souche, une procédure de désintéressement sera menée entre le 5 et le 11 juillet par le groupe, qui la financera sur le solde disponible du produit net des Oceane 2018 et sur ses ressources propres.
Plus d'articles du même thème
-
STMicroelectronics relève sa cible de ventes dans les centres de données
Au deuxième trimestre, le fabricant de semiconducteurs a enregistré une croissance de près de 13% et sa marge brute s'est améliorée d'un point. -
Dassault Systèmes confirme l'acquisition d'ArisGlobal et ses ambitions annuelles
L'éditeur de logiciels a annoncé la reprise du groupe américain pour 1,8 milliard de dollars à l'occasion de la publication de ses comptes trimestriels. -
Wellington, Vanguard et Blackstone lancent deux produits en commun
Il s'agit de deux fonds mêlant coté et non-coté et qui seront distribués dans un premier temps dans les réseaux de banque privée de Merrill et de Bank of America.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
IA-commerceCdiscount continue sa mue technologique avec son « usine agentique »
L'enseigne dirigée par Thomas Métivier déploie une infrastructure où plusieurs intelligences artificielles coopèrent pour accélérer et sécuriser le développement logiciel -
Coulisses« Ferme » mais ouvert au dialogue : ce Français chargé de négocier avec la Chine
La Commission européenne a nommé cet été un Monsieur Chine, dont la mission consiste à coordonner le travail en interne et à aller au contact des négociateurs de Pékin -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut