Airbus vient défier son rival américain Boeing sur ses terres

L’avionneur européen va ouvrir en 2015 une usine d’assemblage dans l’Alabama, une grande première aux Etats-Unis
Antoine Duroyon

C’est l’heure du «rêve américain» pour Airbus. Appâté par le marché américain des monocouloirs, dont il évalue les besoins à 4.600 appareils au cours des vingt prochaines années, le groupe basé à Blagnac a décidé d’ouvrir une usine d’assemblage sur place. Le site de Mobile, dans l’Alabama, devrait ainsi ouvrir ses portes en 2015 pour une première livraison l’année suivante. D’ici 2018, Airbus compte produire 40 à 50 appareils par an appartenant à la famille des A320. Un investissement chiffré à environ 600 millions de dollars (474 millions d’euros).

«Mobile devient désormais partie intégrante du réseau mondial de production d’Airbus, rejoignant nos lignes d’assemblage en pleine croissance situées à Hambourg, Toulouse et Tianjin», s’est félicité le nouveau PDG du groupe, Fabrice Brégier, qui signe sa première décision stratégique majeure. Ce pari doit permettre à Airbus de grignoter des parts de marché à son ennemi juré Boeing; le groupe européen vise 60% du marché mondial des monocouloirs dans les prochaines années, laissant le reste à l’américain. Airbus ne contrôle pour le moment que 20% du marché.

Cette implantation dans l’Alabama, qui devrait déboucher sur la création de 1.000 postes, va apporter à Airbus une série d’avantages, notamment des coûts salariaux en baisse et une puissance marketing renforcée auprès des transporteurs domestiques. L’Alabama a ainsi fait voter des «right-to-work laws» (lois sur le droit au travail), qui limitent l’action syndicale en bannissant les conventions collectives exigeant que les salariés adhèrent à un syndicat ou versent des cotisations. Boeing en a fait de même en choisissant d’implanter en 2009 sa ligne d’assemblage du 787 Dreamliner en Caroline du Sud, un autre Etat «right-to-work». Airbus va également simplifier et rationnaliser sa chaîne logistique, de nombreux fournisseurs étant déjà aux Etats-Unis, dont Spirit AeroSystems, Honeywell et General Electric.

A l'échelle d’EADS, cette ligne d’assemblage viendra renforcer les capacité de production sur le sol américain. Par exemple, American Eurocopter fabrique des hélicoptères dans des usines situées à Colombus (Mississippi) et Grand Prairie (Texas), tandis que Cassidian Communications dispose d’un site d’assemblage à Temecula (Californie).

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