Airbus vient défier son rival américain Boeing sur ses terres
C’est l’heure du «rêve américain» pour Airbus. Appâté par le marché américain des monocouloirs, dont il évalue les besoins à 4.600 appareils au cours des vingt prochaines années, le groupe basé à Blagnac a décidé d’ouvrir une usine d’assemblage sur place. Le site de Mobile, dans l’Alabama, devrait ainsi ouvrir ses portes en 2015 pour une première livraison l’année suivante. D’ici 2018, Airbus compte produire 40 à 50 appareils par an appartenant à la famille des A320. Un investissement chiffré à environ 600 millions de dollars (474 millions d’euros).
«Mobile devient désormais partie intégrante du réseau mondial de production d’Airbus, rejoignant nos lignes d’assemblage en pleine croissance situées à Hambourg, Toulouse et Tianjin», s’est félicité le nouveau PDG du groupe, Fabrice Brégier, qui signe sa première décision stratégique majeure. Ce pari doit permettre à Airbus de grignoter des parts de marché à son ennemi juré Boeing; le groupe européen vise 60% du marché mondial des monocouloirs dans les prochaines années, laissant le reste à l’américain. Airbus ne contrôle pour le moment que 20% du marché.
Cette implantation dans l’Alabama, qui devrait déboucher sur la création de 1.000 postes, va apporter à Airbus une série d’avantages, notamment des coûts salariaux en baisse et une puissance marketing renforcée auprès des transporteurs domestiques. L’Alabama a ainsi fait voter des «right-to-work laws» (lois sur le droit au travail), qui limitent l’action syndicale en bannissant les conventions collectives exigeant que les salariés adhèrent à un syndicat ou versent des cotisations. Boeing en a fait de même en choisissant d’implanter en 2009 sa ligne d’assemblage du 787 Dreamliner en Caroline du Sud, un autre Etat «right-to-work». Airbus va également simplifier et rationnaliser sa chaîne logistique, de nombreux fournisseurs étant déjà aux Etats-Unis, dont Spirit AeroSystems, Honeywell et General Electric.
A l'échelle d’EADS, cette ligne d’assemblage viendra renforcer les capacité de production sur le sol américain. Par exemple, American Eurocopter fabrique des hélicoptères dans des usines situées à Colombus (Mississippi) et Grand Prairie (Texas), tandis que Cassidian Communications dispose d’un site d’assemblage à Temecula (Californie).
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF ImpassibleTotalEnergies : pourquoi l’action résiste aux polémiques
Depuis quatre ans, le groupe a été lié à 150 controverses ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) dans trente pays sans que cela n'ait eu d'impact sur le cours de Bourse, analyse la fintech AlphaYoda -
ReprésaillesRetrait de troupes américaines d'Allemagne : pourquoi la menace de Trump n'inquiète pas tant Berlin
Le président américain a affirmé samedi que le nombre serait bien supérieur aux 5 000 soldats évoqués par le Pentagone -
Chair de pouleDans le Pas-de-Calais, un projet d'élevage de poulets label rouge déchaîne les passions
C'est un de nos paradoxes. Quoique la France importe la moitié des poulets qu'elle consomme, les projets d'implantation d'élevages locaux, même de petite taille, se heurtent à des oppositions sociétales farouches