Aéroports de Paris débute l’année 2013 avec un lourd handicap
L’onde de choc de l’avertissement sur résultats lancé par Aéroports de Paris (ADP) juste avant Noël, quelques semaines seulement après l’arrivée d’Augustin de Romanet à la tête de l’entreprise publique, continue de se répandre. Hier, les analystes de RBC Capital Markets ont abaissé de 5 euros leur objectif sur le titre de la société, passant de 70 à 65 euros. Cette décision, expliquent-ils, reflète la période plus longue que prévu pendant laquelle la rentabilité des activités régulées du gestionnaire d’aéroports sera inférieure au coût moyen pondéré du capital. Selon RBC Capital Markets, l’écart ne devrait se combler que vers la fin de la décennie.
En début d’année 2012, ADP attendait une rentabilité des capitaux employés de 5,4% d’ici à 2015 pour son activité régulée. L’objectif avait été abaissé une première fois en juin, entre 4,5% à 5,0%. Cette fois, pour le même horizon, la nouvelle direction du groupe espère un taux de rentabilité compris entre 3,8% et 4,3%, bien en dessous d’un coût moyen pondéré du capital, estimé à 6,8% par les analystes de Citigroup.
Ces deux révisions de la rentabilité des capitaux employés d’ADP en à peine six mois risquent de peser encore plusieurs mois sur l’évolution du cours de Bourse. D’autant que de nombreux analystes craignent que les prévisions de trafic sur lesquelles reposent les objectifs financiers ne soient encore trop optimistes, malgré la récente révision. La direction du groupe attend une stabilisation du trafic en 2013 par rapport à 2012 et une hausse de 3% au 1er avril des redevances appliquées aux compagnies. Les analystes de Natixis tablent sur un repli de 0,5% du trafic. Quant à ceux de CM-CIC, ils jugent «compromise» la prévision de hausse des redevances «si la situation des compagnies aériennes se tend».
Face à cette situation, ADP a mis en place un plan d'économies visant à limiter à 3% en moyenne la croissance annuelle des charges courantes sur la période 2012-2015. Le groupe compte également accélérer la baisse des effectifs de la maison mère au cours des trois prochaines années. Au total, les effectifs de la maison mère diminueront de 7% sur la période 2010-2015, sur un effectif d’environ 7.000 personnes fin 2010.
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