Abertis entretient le mouvement de concentration dans les aéroports
Abertis veut faire tourner son portefeuille d’actifs. A l’affût dans les tours de télécommunications en Europe et dans les autoroutes en Amérique du Sud, le groupe espagnol d’infrastructures est en revanche prêt à céder sa filiale aéroportuaire. La direction a indiqué hier réfléchir à une éventuelle vente de cette division. Citigroup et AZ Capital ont d’ailleurs été mandatés pour passer en revue différentes options stratégiques pour la division aéroportuaire. «Nous sommes ouverts à tout», a déclaré Francisco Reynes, le directeur général du groupe d’infrastructures espagnol.
Abertis Airports gère 29 aéroports dans 8 pays (Grande-Bretagne, Suède, Etats-Unis, Mexique, Bolivie, Colombie, Chili et Jamaïque), en pleine propriété, en concession ou en contrat de management. L’aéroport de Luton en Grande-Bretagne assure à lui seul 41% du trafic de la division, devant la plate-forme de Dublin (19%) et celles de Bolivie (18%). La filiale a réalisé 319 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, en hausse de 8,9% et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 93 millions (+8,5%).
La réflexion d’Abertis intervient alors que le secteur a connu en 2012 une importante vague de concentration. ADP a ainsi acquis 38% du groupe turc TAV pour 667 millions d’euros. Vinci, candidat malheureux dans cet appel d’offres turc, a pris sa revanche en s’emparant du portugais ANA pour 3,1 milliards d’euros, dont 1,9 milliard de reprise de dettes. Cette dernière opération fait ressortir un multiple de 14 fois l’Ebitda 2012. A ce niveau, Abertis Airports serait valorisé environ 1,3 milliard d’euros en valeur d’entreprise.
Vinci pourrait d’ailleurs être l’un des candidats à la reprise d’Abertis Airports. Le groupe récupérerait ainsi les actifs du britannique TBI sur lequel il avait lancé une OPA infructueuse en 2001, juste avant les attentats du 11 Septembre. La société britannique avait été ensuite reprise par Abertis en 2005 qui lui avait adjoint en 2008 les aéroports sud-américains de DCA. Xavier Huillard, le PDG de Vinci, a reconnu début février que le groupe continuera de regarder les opportunités d’acquisitions d’aéroports, mais «en y allant à travers des sociétés de projet, en partageant la charge de capital avec des partenaires».
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