AbbVie se console en cassant sa tirelire pour racheter Pharmacyclics
Un lot de consolation à 21 milliards de dollars. Le laboratoire américain AbbVie, qui avait dû renoncer l’an dernier à racheter l’irlandais Shire pour 55 milliards du fait du changement de règles fiscales aux Etats-Unis, a trouvé un substitut avec Pharmacyclics. Pour reprendre le producteur de l’Imbruvica, un traitement contre les cancers du sang, AbbVie n’a pas hésité à mettre sur la table dans la nuit de mercredi à jeudi un prix jugé «astronomique» par les analystes de Sanford Bernstein.
Le groupe scindé d’Abbott Laboratories en 2013 offre 261,50 dollars par action de la cible, en cash et en titres. Il a battu sur le fil deux autres candidats. Johnson & Johnson (J&J), qui commercialise déjà l’Imbruvica en partenariat avec Pharmacyclics via sa filiale Janssen, aurait proposé 250 dollars par action. Novartis était aussi intéressé, avait révélé Bloomberg fin février. «Trois sociétés sont restées en lice jusqu’au dernier moment et ont enchéri les unes contre les autres», a indiqué hier Richard Gonzalez, le directeur général d’AbbVie, qui dit avoir vécu l’un des processus d’enchères les plus compétitifs du secteur en plus de trente ans de carrière.
Début janvier, l’action Pharmacyclics ne valait encore que 124 dollars. Elle traitait sous les 10 dollars il y a cinq ans. «La prime payée peut s’expliquer par le désespoir d’AbbVie. Ce qui fait le moins de sens est que son offre ait prévalu sur celle du partenaire et de l’acquéreur naturel de Pharmacyclics, J&J», estime l’analyste de Sanford Bernstein. Le courtier évalue à 220-230 dollars le juste prix de l’action du laboratoire pour un acquéreur sans synergies significatives.
Conseillé par Morgan Stanley, AbbVie était condamné à se diversifier. Humira, son médicament vedette contre la polyarthrite rhumatoïde, représente plus de 60% de ses revenus, mais verra son brevet tomber dans le domaine public d’ici à 2018. Le groupe estime que les ventes de l’Imbruvica, de 548 millions de dollars l’an dernier chez Pharmacyclics, pourraient lui rapporter 7 milliards de dollars de revenus par an à leur pic.
Des perspectives qui ont surtout profité hier à J&J, qui capte 50% des ventes du produit et entend maintenir son accord de distribution: l’action Johnson & Johnson était en légère hausse à l’ouverture de Wall Street, quand celle d’AbbVie reculait de 5%.
Plus d'articles du même thème
-
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
Ukraine : ce que la nomination du général Mykhaïlo Drapaty à la tête de l'armée peut changer
Connu pour son image de réformateur, Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, succède à Oleksandr Syrsky à la tête des forces armées ukrainiennes. Une nomination porteuse d'espoir en Ukraine, mais qui s'accompagne d'attentes considérables -
Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump menace d'intensifier les frappes contre l'Iran
Donald Trump a menacé dans la nuit de vendredi à samedi d'intensifier les frappes contre l'Iran, après avoir déjà averti vouloir saisir les avoirs iraniens gelés pour indemniser les navires touchés dans le Golfe. Téhéran multiplie les mises en garde, tandis que le conflit s'étend désormais à la mer Rouge. -
Incendies en France : Emmanuel Macron demande aux armées « de se mobiliser »
Face à la multiplication des feux en France, Emmanuel Macron a demandé aux armées de venir renforcer la Sécurité civile. Une cellule interministérielle de crise a été convoquée vendredi soir, alors que plus d'uen trentaine d'incendies sont en cours sur l’ensemble du territoire