2011, l’année de tous les changements pour Rexel

Le fonds Ray Investment, présent depuis six ans au capital à hauteur de 72 %, pourrait se désengager progressivement dans les prochains mois
Bruno de Roulhac

Alors que tous les indicateurs de Rexel sont au vert, l’année 2011 semble une fenêtre idéale pour la recomposition du capital du distributeur de produits et solutions électriques, qui pourrait voir son flottant passer de 28% à plus de 40%.

Six ans après son entrée au capital, Ray Investment, consortium regroupant Clayton, Dubilier & Rice, Eurazeo et BAML Capital Partners, et détenant 72% des titres Rexel, a quasiment rempli son objectif de doublement de sa mise. «Nous anticipons une sortie progressive cette année au profit du marché», confie un analyste, tandis qu’un autre mise sur un statu quo cette année. «Le prix de revient du fonds oscille autour de 8,7 euros et le retour en Bourse de Rexel s’est effectué à 16,5 euros en avril 2007. Depuis cette date, le titre a reculé de seulement 3% quand le SBF 80 a perdu un peu plus de 20%», note CM-CIC.

Eurazeo, qui possède 21,9% du capital, se refuse à tout commentaire. Toutefois, moins soumis aux exigences de retour sur investissement que ses partenaires dans Ray Investment, et avec une expérience de détention plus longue, Eurazeo pourrait demeurer encore quelques années. Sur 2010, l’action Rexel a rebondi de 50%, alors que le CAC 40 a reculé de 3%. Et à horizon trois mois, le consensus FactSet anticipe une progression de 12% de l’action. De fait, Rexel est en avance sur son plan de marché, et les perspectives à moyen terme dévoilées début décembre ont été bien accueillies par les analystes.

Rexel mise notamment sur les acquisitions, qui devraient apporter plus de 3 points de croissance du chiffre d’affaires chaque année. En particulier dans les émergents, dont le poids dans le chiffre d’affaires devrait passer de 5% aujourd’hui à 7-8% d’ici 2013. D’ailleurs, dans les tout prochains jours Rexel va annoncer des opérations au Brésil, en Inde et en Chine, vraisemblablement pour quelques dizaines de millions d’euros. Si l’occasion se présente, le groupe pourrait envisager des opérations d’envergure, autour de 300 à 400 millions d’euros, dans les pays matures, comme l’Allemagne ou les Etats-Unis afin de consolider ses parts de marché.

Par ailleurs, le mandat du président du directoire, Jean-Charles Pauze, prendra fin avec l’assemblée générale du 19 mai prochain. Il aura alors 63 ans. Sera-t-il reconduit? «Oui», confie un analyste. Toutefois, l’inconnue demeure et pourrait dépendre de la recomposition du capital.

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