Wendel soigne son profil financier grâce à ses cessions
En annonçant hier l’entrée en négociation exclusive de Materis avec CVC Capital Partners pour vendre Parex (division de mortiers industriels), Wendel clôt une longue liste de cessions qui lui donnent les coudées franches.
Le prix obtenu (880 millions d’euros, soit 8,4 fois l’Ebitda de Parex) est inférieur au milliard d’euros que Wendel, selon des sources citées de manière récurrente, espérait. Toutefois, insiste la holding cotée, le produit de cession d’environ 840 millions «permettrait à Materis de se désendetter significativement».
Mercredi, le groupe de BTP a conclu la vente d’une autre de ses divisions, Kerneos, pour 610 millions d’euros (également 8,4 fois son Ebitda) à Astorg Partners, une opération annoncée en décembre dernier. La dette résiduelle de Materis dans son futur périmètre (réduit à Chryso et Materis Paints) devrait représenter moins de 6 fois son Ebitda, contre plus de 7 fois avant cession de Parex. Un nouveau contrat de crédit sera renégocié. La société repartira en quête d’acquisitions.
«La vente de Parex a pris du temps; les offres ont longtemps été insuffisantes. Puis nous avons réalisé Kerneos dans l’intervalle: les moins-disants sur Parex ont alors réalisé que nous avions d’autres solutions», indique Frédéric Lemoine, président du directoire de Wendel. Le financement en dette de l’acquisition par CVC a été souscrit à 100% par plusieurs banques.
A l’instar de ce début d’année, l’exercice 2013 a été marqué pour Wendel par la vente du solde de sa participation dans Legrand. Cette opération a généré 369 millions d’euros de plus-value. Par ailleurs, la holding a bénéficié de la revalorisation boursière de Saint-Gobain, dont il détient encore 16,4%. Ces éléments lui permettent d’afficher un actif net réévalué record de 7 milliards d’euros au 17 mars 2014, soit 144 euros par action, ainsi qu’une hausse de 51% de son bénéfice net 2013 (à 334 millions d’euros). Wendel a par ailleurs remboursé les 425 millions d’euros de dette résiduelle contractée lors de son investissement dans Saint-Gobain en 2007.
La holding peut donc poursuivre sa politique d’investissement. L’Amérique du Nord et l’Afrique sont ses priorités. L’Asie est un objectif pour ses participations – comme l’atteste l’ouverture d’un deuxième bureau sur le continent, à Singapour – mais à plus long terme pour Wendel lui-même, qui évoque la nécessité de maitriser les importantes différences culturelles et réglementaires.
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