Walter Butler veut capitaliser sur la marque de prêts participatifs Isodev
Isodev renaît de ses cendres. La plate-forme de prêts alternatifs aux PME-TPE mise en liquidation en février a en effet suscité l’intérêt de l’homme d’affaires Walter Butler. Via sa holding Butler Industries, l’investisseur a annoncé l’acquisition, pour «quelques millions d’euros» selon le journal Les Echos, de la marque et du savoir-faire de la plate-forme.
«Isodev a réussi ces dernières années, malgré ses difficultés, à bâtir une expertise dans la commercialisation de prêts participatifs qui constitue un atout majeur pour développer une offre pertinente de crédit alternatif pour les entreprises ayant des projets de développement», souligne Walter Butler dans un communiqué.
Créée en 2009, Isodev a démarré ses activités fin 2012 et gérait à la fin janvier un encours de 67 millions d’euros, octroyés via 1.917 prêts. Présidée par Philippe Dupont, l’ancien patron des Banques Populaires, la société avait finalement annoncé le 2 février dernier qu’elle cessait toute production nouvelle, et que les actifs existants seraient gérés en extinction. Une décision motivée par une chute de la demande de crédits d’investissement des PME et une hausse des défaillances des entreprises, qui concernaient alors 5% du portefeuille d’Isodev.
L’échec de la start-up, finalement mise en liquidation quelques jours plus tard, avait fait grand bruit dans le secteur du financement participatif, en plein essor. Répartis dans trois grandes catégories (capital, don, prêt), les fonds collectés auprès des particuliers ont ainsi bondi de 7,9 millions d’euros en 2011 à 152 millions l’an dernier, selon le baromètre 2014 de Financement Participatif France.
L’engouement des investisseurs, y compris institutionnels puisqu’Isodev était financée par AG2R La Mondiale, Axa France, CNP Assurances et Natixis via un fonds commun de titrisation, n’aura cependant pas suffi à compenser des failles dans le business model de la société. Alors qu’elle était spécialisée dans le crédit industriel, cette dernière a en effet multiplié les crédits de trésorerie à des taux élevés, estime Walter Butler. L’investisseur souhaite ainsi augmenter la taille moyenne des tickets à 100.000 euros, soit sept fois plus le montant de départ de 15.000 euros proposé jusqu’en janvier par Isodev.
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