UniCredit et Fortress renforcent le dynamisme des cessions de créances
L’accord annoncé hier entre UniCredit et l’américain Fortress Investment Group constitue une nouvelle preuve de la bonne santé du marché européen des cessions de portefeuilles de créances bancaires. Conseillée par UBS, la première banque transalpine par le montant des actifs va vendre sa filiale UCCMB à la société d’investissement américaine alliée à son homologue italienne Prelios, toutes deux conseillées par Mediobanca et Rothschild. UCCMB «détient un portefeuille de créances douteuses dont la valeur comptable brute est d’environ 2,4 milliards d’euros», souligne UniCredit.
Cette opération, dont la finalisation est attendue au deuxième trimestre 2015, devrait avoir «un impact pratiquement neutre» sur le capital et le résultat net de la banque italienne. Si les termes financiers n’ont pas été dévoilés, des sources proches du dossier avaient récemment indiqué à Reuters qu’un consortium emmené par Fortress était prêt à débourser environ 500 millions d’euros pour une telle transaction. L’accord conclu prévoit en outre une coopération à long terme entre UniCredit et les deux acquéreurs, qui ciblera la gestion des créances douteuses émanant des PME.
Cette cession est bienvenue pour le secteur bancaire italien qui ploie sous 184 milliards d’euros de créances douteuses et irrécouvrables. Elle reflète aussi l’accélération des transactions constatées en Europe, comme le montre la dernière étude trimestrielle de PwC sur le sujet. Le cabinet de conseil a chiffré à 91 milliards d’euros la valeur faciale des portefeuilles de créances ayant fait l’objet d’une cession en 2014, soit un bond de 41% d’un an sur l’autre. Plus de 53% de ce montant concernait le segment des prêts immobiliers commerciaux et plus de 20% des créances hypothécaires relatives à des particuliers.
Compte tenu de la stratégie d’allègement bilanciel de la plupart des grandes banques en Europe, PwC estime que le marché secondaire des cessions de portefeuilles de créances «devrait atteindre 100 milliards d’euros cette année, dont près de 40 milliards de transactions déjà engagées». Tirée l’an dernier par l’Irlande, l’Espagne et le Royaume-Uni, l’activité devrait en 2015 l’être davantage par l’Italie, les Pays-Bas ou les pays d’Europe centrale et orientale. Avec un stock de crédits «non core» qui s’élève encore à 2.000 milliards d’euros, «une quantité non négligeable de ces créances devra à terme être cédée», conclut le cabinet.
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