Une action des fonds de secours avec la BCE détendrait les taux souverains
Alors que beaucoup attendent que la Banque centrale européenne (BCE) propose un plan crédible pour aider l’Italie et l’Espagne à se financer à des coûts raisonnables dès la réunion de jeudi, les analystes sont plusieurs à soutenir l’idée de son intervention avec les fonds de secours sur le marché de la dette souveraine.
Après l’intervention de Mario Draghi la semaine dernière, les taux des pays périphériques se sont détendus. Hier, l’Italie a pu adjuger près de 2,5 milliards d’euros de titres à 10 ans à 5,96% contre 6,19% lors de la dernière émission de même type en juin. Les taux espagnols à 10 ans étaient quant à eux à 6,5%, en baisse de 87 pb en une semaine.
«La crédibilité de Mario Draghi est en jeu», préviennent les analystes de Deutsche Bank, pour qui le président doit impérativement annoncer des mesures concrètes. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui sera remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES), au mieux en septembre, devrait intervenir sur le marché primaire de la dette tandis que la BCE relancerait son programme d’achats de dette sur le marché secondaire (SMP).
«L’avantage de toute forme d’intervention du FESF/MES, c’est qu’elle est conditionnée à la signature d’un protocole d’accord. C’est un point crucial alors qu’une des préoccupations majeures du moment est la mise en œuvre des réformes en Italie à la fin du mandat de Mario Monti», assurent les experts de la banque allemande.
Au contraire, le SMP qui a été mis en sommeil depuis le début de l’année, posait notamment des problèmes de «hasard moral». Les Etats n’étaient pas incités à se réformer si leurs taux de financement étaient systématiquement tirés vers le bas par la BCE. Des économistes assurent aussi que, pour que le SMP soit vraiment opérant, la BCE devrait préciser la durée et la quantité de ses achats. Or, l’institution ne veut pas de s’engager par avance sur sa politique.
«Cela nous semble être un moyen d’action beaucoup plus efficace que quelques achats symboliques de la BCE via le seul SMP», conclut Ken Wattret chez BNP Paribas à propos d’une intervention conjointe. Pour l’économiste David Mackie, de JP Morgan, cette option résoudrait également le problème de manque de capacités des fonds. Le MES qui sera mis à contribution pour l’Espagne, après le FESF, aura une capacité de prêt maximale de 500 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les résultats d'Engie sont portés par l'intégration de UK Power Networks
Le fournisseur de gaz et d'électricité a légèrement augmenté ses objectifs annuels après un bon trimestre même si le groupe affiche une baisse de sa génération de trésorerie opérationnelle. -
Legrand relève encore son objectif de croissance grâce aux centres de données
Les ventes et les résultats du spécialiste des infrastructures électriques ont bondi d'environ 20% sur les neuf premiers mois de l'année. -
EXCLUSIF
Robeco recrute trois experts de la dette privée de Goldman Sachs AM
Arthur Staal, Bunyod Obidkhonov et Vicente Esteve Cuevas, qui travaillaient ensemble chez NN IP puis GSAM, vont permettre à Robeco de quasiment doubler ses effectifs sur la dette privée.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
La moto électrique peut-elle encore séduire ?
Longtemps annoncée comme l'avenir du deux-roues, la moto électrique peine encore à convaincre. Pourtant, à la tête de Zero Motorcycles et de BRP, deux dirigeants français parient sur une bascule imminente. -
Droit dans ses bottesBudget : le gouvernement refuse de modifier ses hypothèses pour 2026
Malgré les doutes exprimés par le Haut Conseil des finances publiques, Roland Lescure et David Amiel ont maintenu l'objectif de déficit à 5,4 % en 2026 dans le projet de loi de finances de fin de gestion, en dépit de la panne de croissance du troisième trimestre -
Come backJeunes, pouvoir d'achat : les syndicats à la manœuvre
Après avoir été doublées par les lycéens, les centrales sortent de l’ombre et prennent la colère sociale en main, bien décidées à occuper le terrain face à un pouvoir politique affaibli