Un rapport minore l’intérêt de la titrisation des prêts aux PME
Le CAE juge plus utile de libérer le bilan des banques grâce aux placements privés et à la titrisation de prêts immobiliers.
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Alexandre Garabedian
La titrisation des prêts aux PME et TPE a tout d'une fausse bonne idée.
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La relance de la titrisation a été promue au rang de cause nationale et même européenne alors que les réformes réglementaires contraignent le bilan des banques. Bpifrance a été sollicitée en particulier pour apporter sa garantie, à hauteur de 3 milliards d’euros, à des titres adossés à des crédits aux PME. Mais ces projets ne remportent pas tous les suffrages. Dans une note publiée lundi, le Conseil d’analyse économique (CAE) juge ainsi que la titrisation des prêts aux petites PME et TPE a tout d’une fausse bonne idée.
«Développer la titrisation pour les prêts aux PME supposerait de réunir dans de vastes portefeuilles un grand nombre de prêts unitaires de montants modestes afin de diversifier les risques», souligne le CAE. C’est là que le bât blesse: «les prêts comportent des clauses variées et sont difficiles à regrouper en grandes classes d’emprunteurs se prêtant à l’analyse statistique». Les économistes pointent aussi du doigt la forte asymétrie d’informations entre les banques prêteuses et les investisseurs susceptibles d’acheter les obligations adossées à ces prêts. «Cette classe d’actifs est d’ailleurs très peu titrisée par le système financier américain, pourtant le plus innovant en matière de titrisation», relève le rapport.
Pour les économistes du CAE, deux autres moyens permettent de dégager le bilan des banques: les placements privés, destinés aux grandes entreprises et ETI, d’une part, et la titrisation de prêts immobiliers aux particuliers, d’autre part. Les établissements de crédit pourraient alors réallouer une partie des ressources libérées vers la clientèle des PME et TPE. «La fongibilité, au moins partielle, du bilan des banques, implique qu’il n’est pas efficace de chercher à titriser les actifs bancaires les plus illiquides», souligne la note.
Les banques françaises et la Banque de France ont déjà fait le même constat. Elles ont travaillé en priorité à une solution de place pour titriser des prêts immobiliers (RMBS), qui représentent les trois quarts de leurs encours de crédit. Un projet aujourd’hui ensablé: la baisse des rendements des taux ne permettraient plus de rentabiliser ces opérations.
Le Crédit Foncier, seul prêteur à avoir placé cette année un RMBS déconsolidant – une première depuis la crise de 2007 –, ne serait pas sûr de pouvoir refaire l’opération aux conditions actuelles, glissait d’ailleurs François Pérol, le président de BPCE, lors d’une récente conférence à la Fédération bancaire française.
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