Un fonds perd une bataille judiciaire face aux créanciers d’une société en faillite
A l’heure où plusieurs sociétés détenues par des fonds d’investissement n’ont pas survécu à la crise, un procès d’un genre nouveau est intervenu en France. Le fonds de retournement Fin’Active a en effet perdu un procès engagé contre les créanciers de la société ECM devant la cour d’appel de Grenoble. Détenue par Fin’Active depuis 2007, la société spécialisée dans les fours de traitement thermiques a depuis déposé le bilan.
Fin’Active, associé dans le procès aux dirigeants et à la société, s’était retourné contre les créanciers d’ECM, un pool bancaire emmené par BNP Paribas. Les plaignants mettaient en cause leur responsabilité dans la faillite du groupe et leur réclamaient 60 millions d’euros, dont 30 millions pour Fin’Active. Ce montant représentait six fois l’investissement réalisé en 2007, de 5 millions d’euros.
Défendu au cours du procès par le cabinet De Gaulle Fleurance & Associés, le fonds a acquis en 2007 la société, alors en difficulté financière, à l’issue d’une procédure de conciliation. ECM était auparavant détenue par le fonds d’investissement Astorg suite à un LBO réalisé en 2003. «Les banques ont abandonné 25 millions d’euros de dette senior lors de la reprise d’ECM par Fin’Active, mais ont continué à fournir des lignes de crédit revolver à la société», explique à L’Agefi, Philippe Dubois, associé chez De Pardieu Brocas Maffei, conseil des banques dans le cadre du procès.
Alors que l’activité d’ECM a continué à se dégrader, cette situation a été cachée au pool bancaire, qui a fini par s’en rendre compte et a dès lors bloqué les lignes de crédit renouvelables que tirait la société, accélérant son dépôt de bilan.
Condamné en première instance au motif d’une rupture abusive des crédits, le pool bancaire a finalement gagné en appel le 28 octobre. «La cour d’appel a considéré que la société ECM et ses dirigeants avaient manqué à leurs obligations contractuelles de sincérité et de loyauté vis-à-vis des banquiers et sur cette base a écarté toute responsabilité du pool bancaire dans la faillite de la société», indique Ségolène Coiffet, collaboratrice chez De Pardieu Brocas Maffei.
Personne n’était joignable chez Fin’Active pour commenter ce verdict ou un éventuel recours en cassation. Le fonds de retournement gère un FCPR de 150 millions d’euros et lève actuellement un deuxième véhicule, peut-on lire sur le site internet de Fin’Active.
Plus d'articles du même thème
-
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée. -
Les économistes tentent de faire bouger les lignes des banques centrales
Le Forum de Sintra 2026 était organisé de manière à ne pas trop aborder les évolutions des politiques monétaires. Malgré cette volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de rester discrète sur ce sujet, les débats en coulisses sont régulièrement revenus dessus.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable