UBS est victime de Facebook et de sa banque d’affaires
Le pôle de banque d’investissement est en perte. L’incident sur le Nasdaq lors de l’IPO du réseau social lui a coûté 349 millions de francs
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Antoine Landrot
Le deuxième trimestre aura été pour le moins contrasté pour UBS. Le bilan est franchement négatif dans la banque d’investissement. Ce pôle accuse une perte de 130 millions de francs suisses avant impôt (108 millions d’euros), contre un bénéfice de 383 millions de francs un an plus tôt. Cette contre-performance a réduit de 58% le bénéfice de l’ensemble du groupe, à 425 millions, ce qu’aucun analyste n’avait anticipé.
En cause notamment, une perte de 349 millions provoquée par l’incident technique sur le Nasdaq au moment de l’introduction en Bourse de Facebook, dont UBS était l’un des organisateurs en mai dernier. La banque envisage d’ailleurs de poursuivre la place de marché américaine.
Mais cette péripétie n’est pas la seule responsable des mauvais chiffres de la banque d’investissement. Les revenus dans les dérivés actions, pourtant l’un de ses points forts parmi les métiers de ce pôle, ont ainsi fondu de 75% (à 247 millions de francs). Les revenus de trading sur les produits de taux ont reculé de 27% (à 1,1 milliard). Pour s’en expliquer, UBS évoque la crise de la zone euro, les faibles perspectives de croissance, les craintes d’un durcissement de la politique fiscale américaine, ainsi que ses propres mesures d’économie et de réduction de bilan prises pour s’adapter au nouveau contexte. Les réductions d’effectif se poursuivront cette année, mais de manière plus silencieuse.
L’établissement a d’ailleurs indiqué qu’il poursuivrait sa politique de réduction des risques en banque d’investissement: il entend rapporter ses encours pondérés (170 milliards de francs au 30 juin, déjà 45 milliards de moins qu’au 31 mars) à moins de 135 milliards en 2016, soit 15 milliards de moins que le précédent objectif.
Les métiers de la gestion de fortune et de la banque privée, l’autre pilier et désormais priorité du groupe, ont montré en revanche un visage un peu plus rassurant. UBS affiche une collecte nette de 13,2 milliards d’euros (dont 3,7 milliards pour sa filiale américaine).
Visé par les enquêtes en cours sur la manipulation du Libor, le taux de référence britannique, UBS a déclaré avoir suffisamment de provision pour faire face à toute condamnation. La banque estime son implication limitée dans cette affaire. Comme pour calmer ses actionnaires, UBS a provisionné des fonds dans la perspective du versement d’un dividende au titre de l’exercice 2012. Cela reste insuffisant pour rassurer les actionnaires. Le titre a clos en recul de 4,25%, à 8,60 euros.
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Alexis Burnod, médecin urgentiste & soins palliatifs, Institut Curie à Paris.
Membre de l’association Les éligibles et leurs aidants.
Auteur de l’Essai : Fin de vie, le cas de conscience – Editions de l’Observatoire.
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