«Toutes les initiatives sont bonnes pour la liquidité»
L’Agefi: Pourquoi soutenir des projets comme Neptune, Liquidnet et TradeCross?
Christophe Roupie: Toutes les initiatives sont bonnes pour améliorer la liquidité. Dans des conditions normales de marché, les plus grands gérants n’ont pas de réels problèmes de liquidité car ils ont accès à toutes les niches du marché obligataire pour traiter leurs ordres en «valeur jour». Ce n’est plus le cas pour de nombreux petits investisseurs, dont il ne faut pas se couper. Nous avons donc soutenu Neptune, amené à devenir le réseau web spécifique du secteur. Concernant les plates-formes, le dark pool de Liquidnet est un peu plus en avance: à partir de sa technologie actions, il permet d’analyser les carnets d’ordres et de mettre automatiquement en relation des intérêts contraires et «ymétriques. Le projet TradeCross, développé avec 15 acteurs du buy-side, permet à ces participants de découvrir et de déverrouiller la liquidité cachée dans leurs inventaires d’obligations corporate afin d’élargir leur capacité de trading traditionnelle et d’échanger des blocs anonymement tout en respectant leur relation sell-side et le processus STP.
Est-ce la fin de la plate-forme transparente BondMatch?
Surtout pas, ce serait dommage de ne pas exploiter tout ce qu’Euronext a développé à dix-huit mois de l’entrée en vigueur de MIF2. La directive imposera de négocier sur des plates-formes transparentes tous les ordres obligataires non soumis aux deux exemptions à la transparence pré-négociation, prévues pour les instruments non liquides ou pour les ordres de grande taille. Pourquoi les grandes banques devraient-elles refaire dans leur coin ce qu’elles ont déjà construit en tant qu’actionnaires d’Euronext? Cela ajouterait un risque de fragmentation pour un marché obligataire qui n’en a pas besoin.
Quels sont les autres enjeux?
Je ne suis pas si alarmiste sur l’absence de liquidité: la réglementation a surtout participé à transférer la concentration de la liquidité des banques teneurs de marché, qui assuraient la liquidité pour tous les investisseurs, même les plus petits, vers les grands gérants d’actifs. Et cela va s’accélérer au fur et à mesure que les banques abandonnent le market-making au profit du courtage. S’il y a des risques liés aux actifs croissants des grands gérants, rappelons que la plupart des institutionnels sont des investisseurs buy-and-hold, assez peu sensibles aux mouvements de prix et assez peu impliqués dans les plus grosses sorties.
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