Theresa May dessine les lignes d’un Brexit dur
Nous quittons l’Union européenne mais nous ne quittons pas l’Europe.» Tant attendu, le discours de Theresa May hier à Lancaster House à Londres aura eu le mérite de lever un certain nombre d’ambiguïtés pour la City. A l’occasion de la présentation d’une feuille de route en douze points, la Première ministre britannique a confirmé le départ du Royaume-Uni du marché unique. Selon cette dernière, cette disposition permettra au pays de reprendre le contrôle de l’immigration et celui de sa réglementation. Le Royaume-Uni ne sera plus forcé non plus de contribuer «massivement» au budget européen même si Theresa May n’a pas exclu des contributions dans le cas de programmes européens spécifiques auxquels le pays souhaiterait participer à l’avenir.
Implicitement, le retrait du marché unique signifie que le passeport européen ne sera plus une option à l’avenir pour les établissements financiers établis au Royaume-Uni et désireux d’accéder au marché unique. La recherche d’un «accès le plus large possible» au travers d’un nouvel accord de libre-échange «global, audacieux et ambitieux», tout comme la recherche de dispositions transitoires, ont cependant eu le mérite de calmer les esprits des lobbies de la finance. «La mise en œuvre par étapes destinée à éviter un saut dans le vide sera favorable aux entreprises de tous secteurs, et tout particulièrement les sociétés des services financiers, espère Mark Boleat, responsable des politiques réglementaires au sein de City of London Corporation. Le gouvernement doit se tenir à cet engagement.» Le secteur a également salué les intentions du gouvernement de garantir mutuellement avec l’Union européenne les droits des expatriés britanniques et européens et de continuer à attirer les talents venus d’ailleurs.
La Première ministre a cependant suscité quelques inquiétudes en signalant «qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord», autre façon d’indiquer que le Royaume-Uni pourrait tomber sous les règles de l’Organisation mondiale du commerce en cas de blocage des négociations. «Des parties significatives du secteur des services perdraient, dans ces circonstances, leur capacité à fournir des services à leurs contreparties basées dans l’Union européenne du jour au lendemain», écrit Malcolm Barr, économiste chez JPMorgan.
Le gouvernement a également indiqué qu’il soumettra l’accord final à un vote des deux chambres du Parlement. «Nous ne voulons pas un délitement de l’UE», a assuré Theresa May.
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