Syngenta sonde ses actionnaires sur l’approche de Monsanto
Les administrateurs de Syngenta entendent renforcer leur légitimité. Hier, le groupe d’agrochimie suisse a indiqué qu’il allait consulter dans les prochains jours ses principaux actionnaires concernant l’offre d’acquisition à 45 milliards de dollars (40 milliards d’euros) formulée par Monsanto début mai. Car la semaine dernière, le groupe américain a conditionné la révision de son offre à l’accès aux chiffres du groupe helvétique.
L’annonce fait suite à l’intervention du président de son conseil d’administration Michel Demaré dans une vidéo publiée le même jour sur le site du groupe. Il y précise les raisons du rejet de l’approche de Monsanto. «Le conseil a conclu à l’unanimité que la proposition sous-évaluait considérablement les perspectives de Syngenta, le risque d’exécution de cette transaction et les dégâts qu’elle provoquerait dans nos activités intégrées», explique Michel Demaré, qui estime que son concurrent veut profiter de la faiblesse actuelle de l’action Syngenta pour «acquérir le groupe à bon compte».
Le responsable a insisté sur la sensibilité particulière des régulateurs à l’égard des «aspects verticaux, comme l’effet de conglomérat» dans leur analyse sur les positions dominantes. «L’entité [issue de la fusion] serait numéro un en part de marché, en technologie, en recherche et en propriété intellectuelle», affirme Michel Demaré, qui agite le spectre de procédures non seulement aux Etats-Unis et en Europe, mais aussi au Brésil, en Russie, au Canada, en Inde... Une perspective «probable», selon les analystes de Citi. Le délai de fusion –18 mois selon Monsanto– placerait en outre Syngenta dans une situation commerciale conflictuelle.
Dans ce contexte, le dédommagement de 2 milliards de dollars en cas d’échec de la transaction paraît nettement insuffisant aux yeux du Suisse. «Le montant du break-up fee est important en termes absolus, mais pas en proportion de l’opération, par rapport aux récents précédents», confirme Citi.
Michel Demaré a rappelé que «le conseil analysera toute proposition de Monsanto ou de quiconque: à partir du moment où elle valorise [Syngenta] au juste prix et où sa probabilité de certitude est forte, elle sera conclue». Son argumentaire n’a pas découragé Hugh Grant, le directeur général de Monsanto, qui a réaffirmé sa motivation dans le Wall Street Journal.
En cas d’échec, Monsanto persistera à se développer dans les pesticides. «Nous trouverons un autre moyen de le faire», conclut-il.
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