Siparex se renforce dans le capital risque en acquérant XAnge
Siparex était cité parmi les candidats à la reprise de XAnge, la structure de capital-risque (ou innovation) de La Banque Postale: il a remporté la mise. Selon un communiqué commun publié hier, l’établissement vend la totalité de ses 90% de participation au capital de XAnge, tandis que la société de gestion lyonnaise en acquiert 70%. Mais XAnge ne quitte pas totalement le giron de la galaxie postale, puisque le groupe La Poste lui-même prend une participation de 20%. Les principaux cadres de XAnge conservent 10%.
«Nos équipes ont mené une réflexion avec La Banque Postale pour mettre XAnge dans les meilleures dispositions pour lever des fonds. Il fallait trouver un partenaire qui lui permette d’atteindre une certaine taille, qui est un sujet important tant en encours global que fonds par fonds, qui fasse preuve d’ambition internationale et qui souhaite se développer à la fois dans le capital-développement et dans le capital-innovation», indique à L’Agefi Xavier Girre, président du directoire de XAnge. Avec au cœur de la réflexion pour la société de gestion: ne plus apparaître comme un acteur «captif», ce qui peut rebuter les entrepreneurs comme les investisseurs.
Dans ce cadre, le choix en faveur de Siparex paraît logique. Pilier du capital-investissement français, il gère 1,2 milliard d’euros, dont l’essentiel dans le capital-développement et transmission et environ 200 millions dans le capital-risque. Cette dernière activité sera renforcée par l’arrivée de XAnge, dont deux tiers des 315 millions d’euros d’encours sont liés à l’innovation, en particulier au numérique.
«L’idée est de créer un projet opérationnel commun dans lequel la marque XAnge regroupera l’ensemble des activités autour de l’innovation et celle de Siparex les activités de capital-développement et transmission. Il en sera de même pour les équipes», explique Bertrand Rambaud, président de Siparex. En outre, Siparex, présent dans le sud de l’Europe, est intéressé par la présence de XAnge en Allemagne.
Enfin, la dimension réglementaire a également été un élément important pour la Banque Postale: à l’heure où les règles de Bâle 3 ont rendu les fonds propres précieux, les établissements financiers (banques mais aussi assureurs) ont généralement choisi de sacrifier leur participation dans des sociétés de capital-investissement, voire dans leurs parts de fonds, à l’instar du Crédit Agricole, d’ING/NN Group, de Groupama, ou encore Axa, pour ne parler que des cas français.
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