Rothschild et Lazard en tête des conseils M&A en France depuis janvier
Une fois n’est pas coutume, Rothschild et Lazard devancent BNP Paribas sur le podium du classement exclusif de L’Agefi Hebdo à paraître jeudi 5 juillet sur les conseils en fusions-acquisitions (M&A) conclues au premier semestre avec une partie française. Le difficile contexte actuel a rebattu les cartes au détriment des grandes banques de financement (BFI) internationales, souffrant de la faiblesse des volumes : autour de 44 milliards d’euros depuis janvier, soit près de trois fois moins que les 115 milliards de 2011 ! Rothschild domine toujours largement ce marché en nombre de transactions (51).
L’opération minoritaire de 8,5 milliards d’euros sur les 30% d’International Power que GDF Suez ne détenait pas encore après son opération de 2011 avantage les conseils impliqués. Parmi les autres grandes transactions, citons les reprises des 50% d’Edison par EDF (avec la cession préalable d’Edipower), des 29% de Mobinil par France Télécom ou des 7% de PSA par General Motors. Beaucoup d’opérations minoritaires donc. «Et plusieurs rachats d’actions depuis celui de Bouygues fin 2011, symboliques d’un certain optimisme chez les dirigeants », ajoute Hubert Preschez, responsable corporate finance France de SG CIB.
Si les opérations atypiques se multiplient, liées à la nécessité de réduire les bilans dans beaucoup d’industries et dans la finance en particulier, celles ciblant de la croissance ne reprendront que si la situation macroéconomique et les financements s’améliorent. Les secteurs énergie, pharmacie ou télécoms restent les plus concernés. La zone euro, historiquement «acheteuse», semble offrir des opportunités nouvelles. A court terme plutôt pour des acteurs européens profitant des difficultés d’autres pays «vendeurs». A moyen terme, selon la visibilité sur les plans d’affaires, pour des acquéreurs nord-américains et surtout désormais émergents, à l’image des opérations sur KPN, Energias de Portugal (EDP), Weetabix, Orange Austria ou même l’immeuble Virgin Champs-Elysées racheté par QIA à Groupama en France.
L’avenir des LBO semble en revanche limité au-dessus d’une certaine taille. Et la baisse de 57% des montants de transactions annoncées dans l’Hexagone selon Thomson Reuters (à 46 milliards de dollars) n’est pas non plus un très bon signe pour le second semestre, reconnaissent les banquiers M&A, démontrant un attentisme inhabituel.
{"title":"","image":"78490»,"legend":"Palmar\u00e8s des conseils en fusions-acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt