RBS se prépare à des poursuites dans le scandale du Libor

La banque britannique a licencié quatre salariés soupçonnés de manipulation, après une enquête interne. D’autres affaires pèsent sur les comptes
La rédaction

Royal Bank of Scotland s’attend à des poursuites dans le scandale de la manipulation du Libor. La banque britannique a déclaré vendredi dernier avoir licencié quatre de ses salariés après une enquête interne menée dans le cadre de cette affaire.

Stephen Hester, directeur général de la banque détenue à 82% par l’Etat britannique, a confirmé que l’enquête se poursuivait. «Le dossier Libor est à l’ordre du jour. Il vient nous rappeler avec force les dégâts que des manquements individuels et que des systèmes et des contrôles inadéquats peuvent provoquer en termes d’impact sur les finances et la réputation», a-t-il déclaré. «L’industrie bancaire s’est détachée de la société, et le retour sur Terre est brutal», a poursuivi Stephen Hester.

Comme d’autres banques impliquées dans ce scandale, RBS n’a pas passé de provisions pour litiges à ce stade. Raison invoquée: l’incapacité à évaluer ce que pourraient coûter aux groupes les différentes procédures judiciaires ou réglementaires.

Les comptes du deuxième trimestre portent cependant la marque d’autres affaires embarrassantes. RBS a réalisé une nouvelle provision de 135 millions de livres pour indemniser ses clients particuliers floués par la vente d’assurance emprunteur, un dossier qui a coûté plusieurs milliards aux banques britanniques depuis 2011. Elle a aussi dédommagé à hauteur de 50 millions des PME à qui elle avait vendu des produits dérivés de taux inadaptés –là encore, un dossier de place pour lequel l’ensemble des grandes banques ont transigé avec les autorités. Enfin, RBS a subi une charge de 125 millions après la défaillance spectaculaire de systèmes informatiques en juin en Grande-Bretagne.

Au total, RBS a publié un bénéfice opérationnel des six premiers mois de l’année de 1,83 milliard de livres (2,33 milliards d’euros) contre 1,97 milliard il y a un an. La perte avant impôt est de 101 millions de livres. Le marché a bien accueilli ces résultats.

Détenue à 82% par l’Etat, la banque poursuit sa restructuration. Elle assure que le projet de mise sur le marché de sa division d’assurance Direct Line, qu’elle n’a pas réussi à vendre, est programmé pour le mois d’octobre. L’hypothèse d’une nationalisation à 100%, avancée le 2 août par le FT mais jugée peu crédible par les analystes, a été écartée.

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