Permira réajuste sa stratégie après l'échec de la cession de Birds Eye Iglo
Permira est sur tous les fronts. La famille royale du Qatar serait en négociations avancées avec la société de private equity pour racheter la marque italienne de luxe Valentino Fashion Group pour un montant compris entre 550 et 600 millions d’euros, selon des sources concordantes. Le directeur général de la marque, Stefano Sassi, a fait savoir hier dans un mail que «Valentino a suscité un intérêt croissant de la part de plusieurs achateurs potentiels». Permira avait acquis Valentino en 2007, avec la marque cotée allemande Hugo Boss, pour un montant total de 3,4 milliards d’euros, avec un levier d’endettement sur l’opération de 2,3 milliards. Les deux sociétés sont regroupées sous le groupe Red & Black, contrôlée par Permira.
La transaction avec le Qatar, qui pourrait être officialisée dès cette semaine, comprendrait Valentino mais pas Hugo Boss, qui resterait ainsi sous le contrôle de Permira. Le départ du fondateur de la maison de mode italienne, Valentino Garavani, a compliqué la gestion de la marque qui ne contribue qu’à hauteur de 20% dans les résultats de Red & Black. Valentino a dégagé un chiffre d’affaires de 322,4 millions d’euros l’année dernière, en hausse de 20% sur un an, et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 22,2 millions.
Cette vente permettra de compenser les déboires que rencontre Permira dans la cession de Birds Eye Iglo. Après l’échec des négociations avec ses rivaux Blackstone et BC Partners, la société de private equity songerait à un «dividend recap» de 500 millions d’euros de la société de produits congelés acquise auprès d’Unilever en 2006 pour 1,7 milliard d’euros, selon le Financial Times qui ne cite pas ses sources. Une opération qui ferait passer la dette de la société de 4,2 fois son Ebitda (de 325,8 millions en 2011) à 5,5 fois son Ebitda, soit près de 2 milliards d’euros.
Une majorité des fonds levés seront distribués aux actionnaires pour compenser l’échec de la cession de Birds Eye Iglo dont Permira espérait tirer 2,8 à 3 milliards d’euros. Le solde sera consacré aux opérations de croissance interne et externe, et pourrait même comprendre le rachat de certaines activités de Findus, actuellement détenu par Lion Capital qui cherche à le céder à ses créanciers junior. En 2010, Iglo a racheté les activités italiennes de Findus pour 800 millions d’euros, dont 500 millions de dette et 300 millions en titres fournis par Permira.
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