Permira peine à collecter son cinquième fonds

Le gérant européen de LBO aurait atteint un premier closing à 2,2 milliards d’euros, au terme d’une campagne de 19 mois
Antoine Landrot

Malgré des signes d’espoir quant à l’intérêt à long terme des investisseurs pour le capital-investissement, les temps restent souvent difficiles pour les gérants qui tentent d’atteindre leur objectif de collecte. Permira – l’un des principaux acteurs européens du LBO avec 20 milliards d’euros sous gestion – en fait l’expérience: selon un courrier envoyé à ses investisseurs mercredi et repris par la presse britannique, le gérant (notamment actionnaire d’Hugo Boss, Iglo, ProSiebenSat et Freescale) n’aurait pour l’instant réuni que 2,2 milliards d’euros d’engagements pour son cinquième fonds, au terme d’une campagne de 19 mois.

Un délai important pour une première étape (ou closing). Afin de convaincre des investisseurs récalcitrants, les gérants auraient dû mettre 200 millions de leur propre poche – soit 9% du montant déjà levé, une proportion élevée.

L’objectif final pour Permira V, qui devra être atteint dans les 12 mois qui viennent, est de collecter entre 4 et 5 milliards d’euros. Ce montant est inférieur de près d’un tiers aux espoirs initiaux de l’équipe, qui avait débuté la commercialisation du fonds en septembre 2011 avec l’ambition de réunir 6,5 milliards d’euros.

Permira a traversé des moments difficiles, comme la dépréciation du fonds précédent en décembre 2008 et la réduction de sa taille (de 11,1 à 9,6 milliards d’euros), dans la foulée de la faillite de Lehman Brothers. Mais la situation s’est depuis redressée. A l’issue du premier trimestre 2013, Permira IV afficherait, selon le courrier, un multiple de valorisation de 1,34.

Permira n’est pas le seul à avoir rencontré des difficultés de collecte; le britannique Apax et l’américain KKR ont également souffert, tandis que d’autres ont pour l’instant renoncé à lever de nouveaux véhicules. Selon les statistiques de Preqin, les fonds de LBO ont collecté 91 milliards de dollars à travers le monde en 2012, contre 243 milliards en 2007 – un âge d’or que le secteur n’est pas près de retrouver.

Beaucoup d’investisseurs ont en effet été déçus des performances ou des pratiques de certaines équipes au cours de la crise financière. S’ils considèrent toujours le capital-investissement comme une classe d’actif offrant des rendements supérieurs à la moyenne, ils sont devenus beaucoup plus sélectifs, notamment à l’égard des méga-fonds.

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