Pékin souhaite mettre de l’ordre dans les produits de gestion de fortune
Les produits de gestion de fortune (wealth management products, WMP) reviennent en force dans les priorités des autorités chinoises. Alors que le nouveau président de l’autorité de régulation du système bancaire chinois (CBRC) Guo Shuqing a renouvelé sa volonté de mettre bon ordre dans les processus de ventes de ces produits issus de la finance de l’ombre (shadow banking) classés en «hors bilan», la presse chinoise a révélé que l’un des responsables de China Minsheng Banking aurait vendu de faux WMP pour un montant total de quelque 3 milliards de yuans (soit 405 millions d’euros) pour couvrir un vaste système de fraude. De son côté, la banque centrale chinoise (PBoC) a entamé fin mars une vaste revue des risques portés par le secteur bancaire, qui inclut pour la première fois depuis son lancement l’an dernier les WMP.
Au dernier pointage à fin 2016, ces produits émis et vendus par les banques chinoises aux particuliers, aux banques privées, aux entreprises ou à d’autres institutions financières, représentaient une valeur totale de 26.300 milliards de yuans. Elle a augmenté à un rythme de 30% en seulement un an, contre 10% pour les prêts bancaires. Les chiffres publiés par l’autorité de gestion des WMP montrent une duration moyenne pondérée des produits émis limitée à 127 jours. Or, les actifs sous-jacents sont composés à 40% d’obligations de crédit AAA et AA+, à 18% de cash et de dépôts bancaires, à 16% de monétaire et à 16% de produits non standardisés avec une maturité moyenne totale estimée par BNP Paribas dans une fourchette plus longue de 2 à 4 ans.
Le principal risque pour le secteur bancaire réside ainsi dans l’inadéquation entre actif et passif. «Les banques détiennent un pool de cash pour rouler les WMP arrivant à maturité pour les investisseurs qui retirent leur argent et que personne d’autre ne veut acheter, puis arbitrent les taux d’intérêts pour les nouveaux WMP en fonction des conditions de marché», explique BNP Paribas. Si le rendement moyen annualisé des WMP à 3 mois de référence offert par les banques a chuté sous les 4% au mois de septembre 2016, alors qu’il était de 6% début 2014, la PBoC a opéré un durcissement de politique monétaire depuis le début d’année qui a fait remonter le taux de dépôt à 3 mois à 1,5%. Cela réduit l’attrait des WMP mais accroît néanmoins les risques de défaut sur les obligations d’entreprises notamment.
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