PAI entend consolider le secteur des vêtements de sport avec AS Adventure
La Halle aux Vêtements, Camaïeu… De nombreuses enseignes de distribution retail connaissent des temps difficiles faute de reprise de la consommation en Europe. Mais pas AS Adventure, le spécialiste multimarques des vêtements et accessoires de sport en plein air (randonnée, etc.), que PAI Partners vient de racheter à Lion Capital pour près de 400 millions d’euros.
Créée en 1995 en Belgique, la société affiche depuis 2011 une croissance supérieure à 10% par an de son chiffre d’affaires. Les ventes ont atteint 380 millions d’euros l’an dernier, pour un Ebitda d’une quarantaine de millions. Lors du rachat par Lion Capital en 2007, le chiffre d’affaires et l’Ebitda se montaient à respectivement 230 millions et 31 millions.
«La société a un positionnement assez rare, avec des parts de marché de 50% en Belgique et 25% en Hollande qui lui ont permis de devenir le plus gros compte de certaines marques d’outdoor: elle peut acheter à de bonnes conditions et revendre au même prix que des distributeurs sur internet», explique un bon connaisseur du secteur. Le groupe, qui compte 151 magasins, réalise 15% de ses ventes en ligne, une part jugée élevée.
Conseillé par BNP Paribas et Allen & Overy dans cette transaction, PAI Partners a des ambitions de croissance externe pour AS Adventure. La société a déjà grandi par acquisitions au Royaume-Uni (Cotswold) et aux Pays-Bas (Bever). Des discussions seraient en cours avec un certain nombre d’acteurs spécialisés. «Dans la distribution multimarques, la concentration permet des gains immédiats sur les prix d’achat en s’alignant sur le meilleur des deux groupes fusionnés», poursuit l’observateur. AS Adventure pourra s’appuyer sur une ligne de crédit renouvelable d’environ 40 millions d’euros, qui s’ajoutera au financement bancaire senior de 200 millions d’euros que le fonds négocie actuellement pour ce LBO.
Outre-Manche, où le distributeur détient 10% du marché de l’outdoor, le plan d’affaires prévoit aussi des ouvertures de magasins. De 60, leur nombre pourrait plus que doubler. Le marché français, dominé par Decathlon, reste un sujet de réflexion: AS Adventure n’y compte que deux magasins, à Metz et Reims.
Outre le choix des banques, le tour de table resterait à finaliser. Aux côtés de Lion Capital (85%) et des dirigeants (5%, et qui réinvestiront), le fondateur Emiel Lathouwers détenait 10%. A 70 ans, il n’est pas sûr qu’il reste au capital.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant