Les places boursières européennes débutent la semaine sur une chute de plus de 10% malgré la nouvelle baisse surprise des taux de la Fed hier et l’intervention coordonnée des principales banques centrales mondiales pour assurer la liquidité en dollar.
A 13h40, l’indice Euro Stoxx 50 chute de 11% à 2.301 points. A Paris, l’indice CAC 40 dégringole de 11,3%, à 3.652 points. A Francfort, l’indice Dax 30 abandonne 10%, à 8.315 points. L’indice VStoxx de volatilité s’envole à 70% proche de ses plus hauts de 2008.
Ce matin, en Asie, les actions chinoises ont cédé plus de 4%. A Tokyo, l’indice Nikkei 225 a perdu 2,5%, après avoir ouvert en hausse et en dépit de l’annonce par la Banque du Japon d’une augmentation de son programme d’achats d’actifs.
Wall Street est attendu en forte baisse. Les futures sur S&P 500 plafonnent à -5% en raison de l’activation des coupe-circuits. L’ETF S&P 500 de SPDR, le plus important en taille, chute de près de 10%.
Hier, la Fed a encore réduit le taux des Fed funds de 100 points de base (pb), les ramenant à zéro (fourchette de 0 à 0,25%), après une première baisse de 50 pb, et avant la réunion de comité de politique monétaire le 18 mars. L’institut d’émission a également annoncé la reprise de son programme de quantitative easing pour 700 milliards de dollars. Les grandes banques centrales ont en outre lancé une action coordonnée pour fournir des liquidités en dollars aux marchés.
Mais ces annonces ne rassurent pas les investisseurs alors que la pandémie continue de se propager avec des conséquences toujours plus grandes pour l’économie. Les économistes sont de plus en plus nombreux à anticiper une récession cette année alors que les mesures de confinement se multiplient. Les premiers indicateurs économiques publiés par la Chine montrent un effondrement de l’économie en janvier-février.
Ce matin le secteur aérien est particulièrement touché, les investisseurs craignant désormais des faillites alors que le trafic aérien est peu à peu arrêté. Air France-KLM perd encore 18%.
Les stratégistes de Goldman Sachs voient une poursuite de la baisse des marchés et un indique S&P 500 descendre jusqu’à 2.000 points, dans le pire des scénarios.
Le problème pour les investisseurs est que la chute des actions s’accompagne d’une tension sur les taux d’intérêts en Europe. Le rendement du Bund 10 ans prend 8 pb, à -0,51% et celui de l’OAT de même maturité 10 pb, à 0,09%. Les dettes périphériques sont les plus affectées par la correction. Les taux 10 ans italien et espagnols prennent 17 pb, à 1,98% et 0,78% respectivement. Seule le taux 10 ans américain se détend de 19 pb, à 0,76% après l’intervention de la Fed.
L’ensemble des matières premières sont en baisse dans ce contexte. Le pétrole chute de 10%, le Brent revenant à 30 dollars.
Du côté des devises, le dollar recule. L’indice dollar cédant 1%. Le yen, devise refuge, s’octroie 2% face au billet.
Un mois après avoir remonté son taux à 2,75%, la banque centrale coréenne poursuit sur sa lancée. Une décision justifiée par la croissance plus dynamique qu’attendu et par l’anticipation d’une inflation au-dessus de la cible pour une période prolongée.
La proposition de supprimer une protection en vigueur depuis 2005 a fait l’objet d’une consultation qui s’est achevée le 17 août. Les hedge funds et gestionnaires taclent un projet porté de longue date par Paul Atkins, président du régulateur américain.
Les marchés actions asiatiques ont enregistré mercredi leur pire séance depuis fin juillet, dans le sillage de Wall Street, affectés par la chute des valeurs du secteur des semi-conducteurs et les tensions sur les marchés de taux.
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