Natixis élargit à nouveau son offre de capital investissement
En prenant le contrôle du suisse Euro Private Equity, l’établissement étend son offre pour compte de tiers dans les fonds de fonds
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Antoine Landrot
Photo: PHB
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Natixis a pris la semaine dernière le contrôle d’Euro Private Equity (PE). La nouvelle peut surprendre. La banque de gros du groupe BPCE avait considérablement réduit la voilure dans le capital investissement en 2010, en vendant ou accordant leur indépendance à l’essentiel de ses équipes de gestion pour compte propre: par exemple Ixen et NI Partners - qui ont créé ensemble Nixen Partner - Initiative & Finance, et Ventech.
Les actionnaires historiques d’Euro PE conservent une participation minoritaire mais significative. Spécialisé dans les fonds de fonds en capital investissement et en infrastructures, le gestionnaire suisse ne lance pas des fonds «ouverts» en partant à la chasse aux investisseurs, mais travaille à partir de mandats dédiés par client. Cela reste une activité pour compte de tiers, dans laquelle Natixis veut maintenir une offre pour ses clients et ceux de BPCE.
La banque pourrait élargir le champ d’action du gestionnaire. «Nous ne nous interdisons pas de lever des fonds de fonds ouverts», indique à L’Agefi Dominique Sabassier, directeur de l’activité capital-investissement au sein du pôle épargne de Natixis.
Euro PE revendique près d’un milliard d’euros d’actifs sous gestion. Cet apport porte à plus de 5 milliards les encours gérés par les désormais sept équipes évoluant dans Natixis (dont Seventure, Naxicap, Alliance Entreprendre, Dahlia Partners, Caspian Private Equity et Eagle Asia Partners). «Soit davantage qu’avant notre réorientation vers le compte de tiers», précise Dominique Sabassier. Le chiffre d’affaires annuel d’un gérant de fonds de fonds s’approche en général de 1% de ses encours. Une année de revenus représente une hypothèse basse pour valoriser Euro PE, selon un professionnel.
La transaction s’est faite à la suite d’une rencontre fortuite, les deux acteurs réalisant qu’ils avaient des intérêts communs. «Dans l’activité de fonds de fonds, il est difficile de lever des capitaux, explique Dominique Sabassier. Or, Euro PE privilégie un modèle plus orienté vers le conseil sur mesure – en élaboration d’une stratégie, en structuration de fonds, en allocation… C’est ce qui nous a intéressés. De leur côté, les fondateurs d’Euro PE souhaitaient élargir le cercle de leurs investisseurs, jusque-là essentiellement représentés par les caisses de retraites et les family offices suisses. En outre, ils ont été séduits par notre expérience dans la gestion d’un modèle multi-boutique».
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