Nasdaq OMX dispose de moyens limités pour se joindre au Meccano boursier
Depuis l’annonce du mariage entre ICE et Nyse Euronext, le CME et Nasdaq OMX font l’objet de toutes les attentions. La Bourse des dérivés de Chicago, qui va voir se dresser devant elle un concurrent d’envergure mondiale, pourrait être tentée de réagir en jetant son dévolu sur le CBOE. De son côté, après avoir formé en vain un tandem l’an dernier avec ICE pour racheter Nyse Euronext, Nasdaq OMX apparaît aujourd’hui isolé.
Or, les marges de manœuvre de la deuxième grande place de cotation aux Etats-Unis sont limitées. Au gré des acquisitions menées ces dernières années – Boston Stock Exchange, Philadelphia Stock Exchange, OMX –, le groupe a accumulé les survaleurs à son bilan. Le total des goodwills, de 5,3 milliards de dollars au 30 septembre, dépasse largement la capitalisation boursière, qui atteignait 4,15 milliards hier. Nasdaq OMX a procédé fin septembre à une revue de ses hypothèses de dépréciation pour en conclure qu’elles restent «appropriées». Le vrai test d’impairment aura lieu à l’occasion de la clôture des comptes du quatrième trimestre 2012.
La Bourse américaine porte par ailleurs la dette héritée de cette croissance externe. La dette brute atteignait près de 2 milliards de dollars à fin septembre, pour 1,55 milliard de dette nette.
Celle-ci devrait cependant augmenter au dernier trimestre puisque Nasdaq OMX a annoncé mi-décembre le rachat des activités de relations investisseurs, relations publiques et solutions multimédia de Thomson Reuters pour 390 millions de dollars. Une acquisition financée grâce à la trésorerie et au tirage d’une ligne de crédit renouvelable.
A 1,8 fois fin septembre, la dette nette sur Ebitda reste certes supportable.
Les premières grosses tombées ne sont pas attendues avant 2015. Mais la question de l’endettement fait peser une épée de Damoclès sur les projets de Nasdaq OMX. Lors de son offre conjointe avec ICE pour le rachat de Nyse Euronext, les agences de notation avaient menacé de dégrader le groupe en raison de la quote-part de dette que l’acquisition lui aurait fait reprendre.
Le veto des autorités américaines, qui craignaient la création d’un monopole sur les cotations aux Etats-Unis, a finalement épargné ce casse-tête à la plate-forme boursière.
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