MUFG confirme son appétit international en visant des actifs de RBS
Mitsubishi UFJ Financial Group serait en pourparlers pour le rachat auprès de Royal Bank of Scotland d’un portefeuille de financement de projets, essentiellement dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Le Financial Times évoque une part importante de projets pétroliers en Europe et la présence de dossiers dans les marchés émergents ou liés aux infrastructures au Royaume-Uni.
Selon le quotidien Nikkei, qui a le premier divulgué l’information, la plus importante banque japonaise aurait proposé à ce titre 4 milliards de livres (4,6 milliards d’euros) le mois dernier au gouvernement britannique, qui contrôle RBS depuis son sauvetage durant la crise. Les négociations pourraient encore durer quelques semaines. «Aucune décision n’a été prise» a concédé un porte-parole de MUFG.
Cette transaction répond à des logiques bien différentes pour les deux parties. Outre-Manche, elle permettrait à la banque britannique, dont la publication des résultats trimestriels est attendue demain, de répondre à la pression des autorités locales l’implorant de céder des actifs non stratégiques afin de rembourser les deniers publics, les autorités européennes ayant conditionné l’approbation de ces aides à la mise en place d’un plan de dépeçage. A fin juin dernier, le montant des actifs identifiés comme non stratégiques s’élevait encore à 174 milliards de livres.
Surtout, l’initiative de MUFG participe d’une volonté de saisir des opportunités en dehors de l’Archipel, où la croissance reste atone. Un mouvement certes partagé par ses concurrentes locales, d’autant plus dans le sillage d’importantes levées de capitaux. Les observateurs estiment qu’après son augmentation de capital de 1.000 milliards de yens (8,8 milliards d’euros) fin 2009, MUFG a les reins suffisamment solides pour concrétiser des opérations de poids et satisfaire les règles prudentielles de détention de fonds propres sans avoir à solliciter à nouveau le marché.
La banque ne fait d’ailleurs pas mystère de ses ambitions mondiales, après le rachat de l’américaine UnionBanCal et l’entrée au capital de Morgan Stanley en 2008. Un haut responsable avait notamment cet été évoqué l’objectif à moyen terme d’une hausse de 40% des bénéfices hors de l’Archipel, tout en dévoilant un budget supérieur à 500 milliards de yens pour de nouvelles emplettes aux Etats-Unis.
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