L’opportunité d’un assouplissement budgétaire en zone euro fait débat
La réplique du président de l’Eurogroupe à la recommandation faite par la Commission européenne de passer à une politique plus expansionniste, n’a pas tardé à venir. «La Commission a tout à fait le droit de faire des recommandations à la zone euro dans son ensemble…. (mais) pour la position budgétaire agrégée, on peut se demander si, sur le fond, c’est la bonne approche», a expliqué Jeroen Dijsselbloem mardi devant le Parlement européen. Il y a deux semaines, l’exécutif européen a appelé à «une stratégie plus collective» consistant à accélérer la tendance légèrement expansionniste déjà présente dans la zone euro en augmentant significativement les dépenses dans les trois pays ayant les plus forts excédents : le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne. Elle a même – fait inédit – fixé un objectif de 0,5% du PIB, correspondant à 30 à 40 milliards d’euros.
Le président de l’Eurogroupe a admis que cette recommandation créait un dilemme. «S’il y a conflit entre rester dans les termes du Pacte (de stabilité et de croissance) et les conseils sur la position budgétaire, on se retrouve dans une position délicate», a-t-il dit. Jens Weidmann, président de la Bundesbank, avait critiqué la semaine dernière la position de la Commission. Il a par ailleurs annoncé que le président du tout nouveau Conseil budgétaire européen (CBE), l’économiste danois Niels Thygesen, avait été invité à participer aux débats des ministres des Finances lors de l’Eurogroupe du 5 décembre. Composé de cinq membres, le CBE a commencé ses travaux en novembre. Il est censé fournir un avis extérieur sur la situation budgétaire des Etats mais, placé sous l’égide de la Commission, son indépendance fait déjà débat.
Le président de l’Eurogroupe est lui-même dans une position délicate: le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rütte a publiquement critiqué «l’erreur d’analyse» du commissaire Pierre Moscovici, au nom de son ministre des Finances... Jeroen Dijsselbloem lui-même.
L’OCDE, elle, s’est ralliée à l’approche de la Commission. Mardi, son secrétaire général Angel Gurria a appelé les dirigeants européens à saisir «une occasion unique d’actionner plus activement les leviers budgétaires pour stimuler la croissance et réduire les inégalités».
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’OCDE place la France en face de ses responsabilités
La France cumule les retards dans le redressement de ses finances publiques comme dans son adaptation aux enjeux sociétaux et environnementaux, constate l’OCDE qui recommande au pays de se mettre rapidement au travail pour éviter la relégation.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.