L’ombre du plafond de la dette plane déjà sur le Congrès américain
Le Congrès américain joue avec le feu. Alors que l’échéance des négociations concernant le budget fédéral tombait cette nuit à minuit heure de Washington, 6h00 ce matin à Paris, les élus entretenaient cette nuit le mystère jusqu’à la dernière heure. De quoi laisser présager des négociations elles aussi délicates au sujet du plafond de la dette, dont la date-butoir est le 17 octobre.
Il s’agit pour le Congrès d’adopter un texte tenant lieu de loi des finances provisoire pour l’exercice 2013-2014. Si le texte devait ne pas être voté la nuit dernière, comme nombre d’observateurs s’y attendaient encore il y a quelques heures, les services fédéraux américains considérés comme non essentiels pour le fonctionnement du pays fermeront. Des centaines de milliers de fonctionnaires étaient menacés de chômage technique. Un porte-parole de la SEC a assuré que les services du gendarme des marchés pourraient fonctionner normalement pendant quelques semaines.
Quand bien même, comme le souligne Natixis, «ces épisodes de «shutdown» n’ont pas eu de conséquences macroéconomiques majeures, l’incertitude associée pourrait avoir un effet délétère sur la confiance des ménages et des marchés».
Dans l’après-midi à Washington, le président américain avait fait part de sa confiance à voir le Congrès finalement faire le bon choix afin d’éviter un impact économique sur l’ensemble de la population. Chacun au Congrès se rejette la responsabilité des tergiversations. La Chambre des Représentants, où l’opposition républicaine est majoritaire, a adopté pendant ce week-end une proposition qui permet à l’Etat de se financer sous réserve du report d’un an de la grande réforme du système de santé de Barack Obama, dite «Obamacare», dont une partie importante doit théoriquement entrer en vigueur aujourd’hui même. Refusant de céder, le président a répété hier soir que la réforme entrerait bien en vigueur aujourd’hui.
Dans deux semaines seulement, les élus américains doivent se mettre d’accord pour relever le plafond de la dette fédérale, qui est pour l’instant de 16.700 milliards de dollars. Et si aucun accord n’est trouvé pour la mi-octobre, les Etats-Unis seront contraints de faire défaut sur une partie de leurs obligations.
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