L’offre se réduit sur le marché primaire de la dette en euro
Les émissions ont repris mais à un rythme nettement moins important qu’au premier semestre. Les entreprises ont repoussé le mur de dette entre 2022 et 2025.
Publié le
Xavier Diaz
Les volumes ressortent nettement sous la moyenne hebdomadaire de 21 milliards entre fin mars et début juillet de cette année.
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Le marché primaire corporate euro reprend du service à petits pas. Treize émetteurs, dont un high yield (HY), ont placé près de 9 milliards d’euros d’obligations la semaine passée. Un montant décevant, selon Juan Valencia, stratégiste chez Société Générale CIB : «Les marchés primaires étaient ouverts, avec un bon mix d’obligations des différents segments de marché pour la deuxième semaine consécutive. Mais les volumes sont relativement faibles et ressortent nettement sous les 29,7 milliards émis la première semaine de septembre 2019 et la moyenne hebdomadaire de 21 milliards entre fin mars et début juillet cette année». Depuis janvier, 320 milliards d’euros ont été émis par des entreprises investment grade (IG) et plus de 52 milliards en HY.
Les entreprises européennes ont réduit de 3% le niveau des dettes arrivant à maturité au second semestre cette année et en 2021, grâce notamment à cet important flux d’émissions, selon les analystes de S&P Global Ratings. Ils estiment que ces émissions ont augmenté de 6% les dettes arrivant à échéance entre 2022 et 2025. Au total, elles vont devoir rembourser 2.000 milliards à l’horizon 2025. Les dettes IG compte pour 70% de ce montant.
La plus forte augmentation de dette concerne les maturités à 5 ans. Les émissions à échéance 2025 ont augmenté de 14%, à près de 395 milliards. Mais la maturité la plus importante reste 2024 avec désormais 407 milliards à refinancer.
Juan Valencia s’attend à une augmentation des volumes d’émissions dans les semaines à venir mais pas à un retour aux niveaux du premier semestre. Après les obligations hybrides, le marché a fait la part belle aux obligations vertes la semaine passée avec trois émetteurs corporates : le groupe d’aéroports Schiphol, l'énergéticien italien ERG et l’allemand Daimler. Ce dernier est le premier constructeur allemand à émettre un green bond en dehors de sa filiale de financement. L’opération a attiré 5,6 milliards d’euros pour 1 milliard émis, ce qui a permis à Daimler de réduire de 57,5 points de base (pb) le prix d’émission par rapport aux premières indications. L’obligation ressort en outre avec une décote de 13,7 pb par rapport à la courbe classique. Un «greenium» qui devrait se développer, selon BNPP, cité par Bloomberg, compte tenu de la forte demande et d’une offre encore réduite (1% du marché). D’autres émetteurs devraient suivre sur ce segment, notamment dans les aéroports.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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