L’OCDE invite Paris à plus d’ambition dans son programme de réformes

L’institution a abaissé de 0,2 point à 0,1% sa prévision de croissance pour 2013 et mise sur un déficit budgétaire à 3% du PIB l’an prochain
Benoît Menou

La lecture de l’étude annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) consacrée à la France, publiée hier, invite à imaginer le pays en élève doué de grandes capacités mais qui surtout pourrait sensiblement améliorer ses méthodes de travail.

«Tout en félicitant le gouvernement français pour les avancées importantes réalisées au cours des derniers mois», l’institution clame ainsi que le calendrier politique offre à la France, «une occasion unique de mettre en œuvre une stratégie vigoureuse et ambitieuse de réformes». Pour l’heure, l’OCDE abaisse de 0,2 point à 0,1% sa prévision de croissance économique pour le pays cette année, tout en confirmant son estimation de 1,3% pour 2014. Le déficit budgétaire est estimé à respectivement 3,5 et 3,0% pour les deux exercices.

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, demande ainsi une nouvelle fois à Paris de «s’attaquer aux goulots d’étranglement persistants qui ont limité sa croissance économique et maintenu le chômage à un niveau élevé ces dernières décennies». Cela afin de «consolider le taux de croissance potentielle» du pays après que la crise «a été bien gérée».

Le rapport ne manque pas de tacler Paris sur une fiscalité «complexe et instable» ayant cruellement besoin d’une «simplification profonde». En cause, la disparité des dispositifs touchant l’épargne ou le fardeau pesant sur la compétitivité des entreprises. Le document fourmille également de préconisations concernant l’organisation du marché du travail.

Les chantiers prioritaires passent aussi par «le maintien du rythme d’amélioration des finances publiques» afin d’«alléger les prélèvements à moyen terme», l’OCDE soulignant le poids actuellement très élevé des dépenses par rapport aux autres pays. Il convient de réaliser «une analyse systématique de l’efficience des postes de dépenses existants ou proposés». Le système «opaque» des retraites est particulièrement visé, avec ses regrettables régimes spéciaux, tout comme la santé avec la proposition de «ne rembours(er) que le prix des génériques».

L’OCDE prône également une suppression des départements et la fusion des plus petites communes afin de limiter le coût de collectivités locales. Angel Gurria précise tout de même qu’il convient à court terme de ne pas «ajouter davantage de rigueur à la rigueur cette année» en instaurant en urgence de nouvelles mesures d’austérité.

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