Lloyds Banking Group cède deux nouveaux actifs
Même si Lloyds Banking Group entrevoit la sortie de l’Etat de son capital, sur la foi de son redressement, il n’en poursuit pas moins l’écrémage de ses activités. L’établissement britannique a annoncé hier la vente de sa filiale d’assurance-vie allemande, Heidelberger Lebensversicherung, à Cinven et à Hannover Re, le cinquième réassureur mondial.
Les deux acquéreurs ont accepté de payer environ 300 millions d’euros comptant. Cinven, d’origine britannique et l’un des principaux gérants de capital-investissement européens, contrôlera 80% de Heidelberger Leben, qui compte 300 salariés, 600.000 polices et 5,2 milliards d’euros d’actifs au 31 décembre 2012. Lloyds avait récupéré cette filiale en 2008 lorsqu’il avait acquis sa rivale HBoS, alors en déliquescence en moment de la crise financière.
Cinven a précisé que l’entreprise sera amenée à jouer un rôle de consolidateur dans le secteur de l’assurance-vie en Allemagne. Il a déjà mené avec succès la même stratégie au Royaume-Uni, en acquérant Guardian Financial Services en 2011.
Par ailleurs, Lloyds a cédé un portefeuille de prêts à effet de levier d’une valeur nominale de 283 millions de livres sterling (332 millions d’euros) à ELQ Investors II, un véhicule de Goldman Sachs. Mais l’opération se fait avec une décote, puisque le prix payé par ELQ est compris entre 254 et 256 millions de livres, en fonction de la performance du portefeuille au cours des six prochains mois.
Avec ces deux opérations, Lloyds fait un pas de plus vers l’assainissement de son bilan, à la demande des autorités (qui détiennent 39% de son capital) et du régulateur britanniques. La cession de Heidelberger Leben va ainsi renforcer ses fonds propres durs (core equity tier one) de 400 millions de sterling.
En revanche, acculé, Lloyds ne vend pas ses actifs au meilleur prix. Si la décote reste limitée pour le portefeuille de prêts, la banque va devoir enregistrer une perte comptable de 330 millions de livres (387 millions d’euros) pour sa filiale allemande. Celle-ci était encore valorisée 850 millions de livres il y a deux ans.
D’autres cessions devraient suivre. La semaine dernière, le Wall Street Journal affirmait que Lloyds avait reçu des offres de National Australia Bank, Westpac Banking, ANZ, Commonwealth Bank of Australia et Macquarie pour ses deux principales activités en Australie, qui les valoriseraient à près de 690 millions d’euros. L’action de la banque a progressé de plus de 50% depuis le début de l’année, à 74 pence.
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