L’interminable LBO sur SunGard trouve enfin une issue
Dix ans et un jour. C’est la durée du LBO sur SunGard Data Systems. Racheté officiellement le 11 août 2005 par un consortium réunissant les plus grands noms du private equity américain (Silver Lake, TPG, Bain Capital, Blackstone, Goldman Sachs Capital Partners, KKR et Providence Equity Partners), l'éditeur de logiciels pour les groupes de finance va être repris par Fidelity National Information Services.
Le montant de la transaction s’élève à 9,1 milliards de dollars (8,2 milliards d’euros), dette comprise. Le prestataire de services (consulting, logiciels…) pour l’industrie financière a indiqué qu’il compte refinancer la dette de SunGard, qui s'élevait à 4,67 milliards de dollars fin mars. Elle représente encore près de 5 fois l’Ebitda.
SunGard avait été achetée et retirée de la Bourse pour 11,4 milliards de dollars. Les fonds de capital-investissement avaient engagé 3,5 milliards en fonds propres. Il s’agissait à l'époque du deuxième plus gros LBO après celui sur Nabisco et le premier échafaudé sur une société de technologies. Dans les premières années, l'éditeur de logiciels avait profité du soutien de ses nouveaux actionnaires pour renforcer ses positions. Il avait par exemple pris le contrôle du français GL Trade en 2008. Mais la crise financière a bouleversé le plan, contraignant le groupe à changer de braquet et de dirigeants en 2011.
Depuis, SunGard a vendu ou scindé plusieurs pans d’activités représentant près de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulés soit près d’un tiers de son périmètre. Dans ce nouveau format, le groupe indique avoir dégagé une croissance du chiffre d’affaires au cours de 5 des 6 derniers trimestres. Entre 2010 et 2014, son Ebitda est passé de 703 à 765 millions de dollars.
Le consortium de fonds qui portait la participation depuis dix ans avait déjà partiellement profité du redressement de SunGard. Il a ainsi fait remonter 720 millions de dollars fin 2012 en réendettant la société (dividend recap). Le consortium de fonds de private equity avait lancé officiellement le processus de mise en Bourse de SunGard à New York avant l’été. La proposition de Fidelity NIS, assurant un débouclage immédiat de cet interminable LBO, l’a incité à y renoncer.
Plus d'articles du même thème
-
Nanobiotix prolonge sa visibilité financière jusqu'en 2029 après son augmentation de capital
La biotech a levé 86 millions d'euros fin mai et disposait d'environ 42 millions d'euros de trésorerie à la fin du premier trimestre. -
Bpifrance rejoint Antin au capital des clubs Belambra
La banque publique investit via ses fonds France Investissement Tourisme 3 et Large Cap pour accompagner la transformation de l’ex-VVF Vacances, détenu depuis 2014 par le groupe Caravelle. -
Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
Si la menace du chinois Comac plane toujours à l'horizon, l'amélioration du rythme de livraisons en fin de trimestre dissipe les doutes du début d'exercice.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Contenu de nos partenaires
-
Donald Trump aimerait « rencontrer » le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei
« Nous allons probablement nous rencontrer », a déclaré Donald Trump à propos de l'ayatollah Mojtaba Khamenei dans une interview au New York Post. Selon Washington, le guide suprême iranien serait « de plus en plus impliqué » dans les décisions de la République islamique -
A l’attaqueLes chinois Anta et Li-Ning prêts à tacler Adidas et Nike
Après avoir consolidé leur place sur leur propre marché, les équipementiers chinois prennent pied aux Etats-Unis -
Les Etats-Unis veulent instaurer de nouveaux droits de douane, au nom de la lutte contre le travail forcé
Désavouée par la justice, l'administration Trump souhaite imposer de nouveaux droits de douane de 10 à 12,5 % à une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l'Union européenne. Washington leur reproche de ne pas s'attaquer au problème du travail forcé