L’inertie d’Eurazeo en termes d’investissement suscite le doute des analystes
Evoquant les opportunités d’investissement qu’il assure étudier activement en coulisses, le directeur financier d’Eurazeo Philippe Audouin a regretté hier de n’en pouvoir rien dévoiler «tant que l’encre n’est pas sèche». La société d’investissement conserve ainsi un imposant trésor de guerre, avec au 31 décembre dernier une trésorerie disponible de 909 millions d’euros, un crédit syndiqué non sollicité d’un milliard et des engagements de 110 millions sur Eurazeo Partners.
Exane BNP Paribas pourtant ne se berce pas d’illusions en estimant que «le marché a surestimé le potentiel de rotation des actifs», affecté tant par la concurrence accrue côté nouveaux engagements que par la faible probabilité de sorties avant 2013. Une source proche excluait d’ailleurs hier toute cession d’Europcar «à court terme». Le courtier avance ainsi que la décote boursière face à l’actif net réévalué pourrait être plus prononcée encore. Oddo semble plus mesuré à ce sujet en regrettant l’absence de «catalyseurs» pour «amorcer une réduction significative» de cette décote.
Encore la progression de 22,4% en 2010 de l’actif net réévalué (ANR) par action à 74,8 euros a-t-elle déçu les observateurs. Avant tout du fait d’une stagnation de la valorisation des actifs non cotés sur le second semestre (à 1,46 milliard d’euros) qui a de quoi «décevoir nombre d’investisseurs» selon Exane. Patrick Sayer, le président du directoire d’Eurazeo, qui table sur une «nouvelle appréciation» des actifs cette année, se réjouit pourtant dans un contexte d’«appréciation de l’ensemble (des) actifs» en 2010 du fait que «le marché a reconnu le bien-fondé de la scission Accord/Edenred». L’ANR total de 4,34 milliards d’euros tient compte d’investissements cotés pour 1,52 milliard d’euros (dont 21,7% du capital de Rexel pour 916 millions).
Pour l’heure, la croissance de l’activité s’est renforcée au second semestre. Sans impressionner pourtant. Eurazeo a fait part d’un chiffre d’affaires en hausse de 3,8% en données comparables au quatrième trimestre, portant le gain à 3,6% pour l’ensemble de l’exercice écoulé, à 3,92 milliards d’euros. Exane notamment s’est désolé de la croissance organique affichée au quatrième trimestre par Elis, Europcar et Apcoa. Elle atteint tout de même 4,6 et 5,9% pour ces deux dernières participations pour l’ensemble de l’exercice écoulé.
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