L’Indonésie et la Nouvelle-Zélande baissent leurs taux, la Suède choisit le statu quo
En Asie, la banque centrale d’Indonésie a, contre toute attente, réduit mercredi ses taux tandis que la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a baissé comme attendu ses taux mais a surpris par son ton résolument accommodant.
La banque centrale indonésienne a de nouveau abaissé ses taux d’intérêt mercredi et a indiqué qu’elle pourrait procéder à de nouvelles baisses à l’avenir, renforçant ainsi son soutien à la première économie d’Asie du Sud-Est dans un contexte d’incertitudes mondiales. La Banque d’Indonésie (BI) a abaissé son taux directeur de prise en pension à 7 jours de 25 points de base (pb), à 5%, sa cinquième baisse depuis septembre 2024 (-125 pb), le ramenant à son plus bas niveau depuis fin 2022. C'était la première fois au cours de ce cycle d’assouplissement que la BI procède à des baisses lors de réunions consécutives. Le consensus des économistes établi par Reuters anticipait largement un statu quo.
Le gouverneur Perry Warjiyo a déclaré lors d’une conférence de presse que cette décision répondait à la nécessité de soutenir l’activité économique alors que l’inflation restait faible et la devise (la roupie indonésienne) stable. «La capacité de l'économie reste supérieure à la demande. C’est pourquoi nous avons abaissé les taux d’intérêt… et nous continuerons d'évaluer la possibilité de nouvelles baisses de taux», a-t-il déclaré.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait accélérer à au moins 5,1% en 2025, soit au-dessus du point médian de la fourchette officielle de prévisions de la BI, comprise entre 4,6% et 5,4%, a déclaré le gouverneur, contre 5,03% en 2024.
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Des baisses à venir face aux tarifs douaniers
La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a également opté pour un ton résolument accommodant. Elle a abaissé, comme prévu, son taux directeur de 25 pb mercredi, à 3%, son plus bas niveau en trois ans, mais elle a surpris le marché en annonçant de nouvelles baisses dans les mois à venir. Deux membres du comité de politique monétaire, composé de six membres, ont même voté une baisse de 50 points de base mercredi.
La RBNZ a abaissé ses taux de 250 points de base depuis août 2024 afin de soutenir une reprise fragile. Les décideurs politiques de la banque ont, en effet, mis en garde contre des obstacles à la croissance aux niveaux national et mondial. «La demande de consommation et d’investissement semble s'être affaiblie au deuxième trimestre 2025, en partie en réponse à l’incertitude accrue de la politique commerciale» après la salve de tarifs douaniers des Etats-Unis, a précisé la banque.
Lors d’une conférence de presse, le gouverneur Christian Hawkesby a déclaré que les perspectives de taux dépendaient des données économiques (data-dependent), ajoutant que si les entreprises et les consommateurs restaient prudents et «nécessitaient davantage de soutien, cela pourrait inciter à agir davantage».
Dans sa déclaration de politique monétaire, la RBNZ prévoit que le taux directeur s'établira à 2,71% au quatrième trimestre, en deçà des 2,92% prévus en mai. Au premier trimestre 2026, elle prévoit un taux moyen de 2,55%, contre 2,85% initialement prévu.
Le ton accommodant de la banque centrale a pris les marchés au dépourvu et a fait chuter le dollar néo-zélandais de 1,2%, à 0,5817 dollar, son plus bas niveau en quatre mois. Les taux de swap à deux ans, sensibles à la politique monétaire, ont quant à eux chuté jusqu'à 2,93 %, leur plus bas niveau depuis début 2022.
Statu quo prudent
En revanche, en Europe, la banque centrale suédoise (Riksbank) a maintenu mercredi son taux directeur inchangé à 2 % conformément aux attentes du marché. La banque avait abaissé son taux lors de sa réunion précédente. Elle a indiqué que l’inflation avait augmenté plus que prévu au cours de l'été, mais que ce dépassement de l’objectif de 2% était probablement dû à des facteurs temporaires. «Le directoire a donc décidé de laisser le taux directeur inchangé à 2 % et estime toujours possible une nouvelle baisse des taux cette année», a déclaré la Riksbank dans un communiqué.
La banque se trouve néanmoins, comme d’autres institutions monétaires, dans une position inconfortable où l’inflation reste supérieure à l’objectif qu’elle s’est fixé tandis que l'économie tourne au ralenti. La croissance suédoise a stagné cette année, les ménages hésitant à dépenser et les entreprises s’inquiétant des droits de douane et de l’incertitude géopolitique. L’inflation a quant à elle grimpé à 3 % en juillet. Les économistes s’attendent à une nouvelle baisse de taux en septembre, puis une autre à la fin de l’année.
(Avec Reuters)
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