L’immobilier de bureau reste attractif
L’été a été plutôt calme sur le marché de l’immobilier de bureau, et cela se ressent dans les chiffres trimestriels publiés vendredi par Immostat. La demande placée comme l’investissement ont accusé des reculs de plus de 15% par rapport au troisième trimestre 2017, mais le dynamisme du premier semestre a largement compensé cet accès de faiblesse relative. Depuis le début de l’année, plus de 1,8 million de mètres carrés ont ainsi été placés en Ile-de-France (+6% par rapport à 2017), et 18,3 milliards d’euros ont été investis en France (+25%). La région capitale continue d’attirer la grande majorité des investissements, avec 12,8 milliards engagés en Ile-de-France (+33%), dont 6,7 milliards pour Paris. «Cette performance est portée par la dynamique des valeurs locatives parisiennes qui permet aux investisseurs d’anticiper une amélioration de leur rendement courant», note Stephan von Barczy, directeur de l’investissement chez JLL.
La raréfaction de l’offre de bureaux immédiatement disponibles pousse les loyers à la hausse. Avec moins de 3 millions de mètres carrés offerts, en recul de 15% sur un an, l’Ile-de-France affiche un taux de vacance de 5,5% seulement, qui tombe à 4,5% à La Défense et 1,5% dans le quartier central des affaires. Conséquence logique, les loyers s’inscrivent désormais clairement dans une tendance haussière. Ils passent ainsi au-dessus des 700 euros par an et par mètre carré en moyenne pour les locaux neufs ou restructurés au sein du QCA, avec des baux pouvant atteindre entre 800 et 850 euros au mètre carré. A l’échelle de l’Ile-de-France, les loyers de première comme de seconde main affichent une hausse moyenne de 6% sur un an.
«Jusqu’à présent la dynamique des prix était tirée par la baisse des taux alors que les loyers tendaient à stagner», souligne Virginie Houzé, directrice de la recherche chez JLL. «Au moment où la compression des taux s’estompe, la croissance des loyers prend le relais, d’autant que les propriétaires savent que les conditions de marché leurs sont favorables. Les investisseurs en sont également conscients, et intègrent désormais la perspective de revalorisation locative dans leur taux», ajoute-t-elle, évoquant les Américains, qui, avec 2,2 milliards d’euros investis principalement en «value-add», représentent près de la moitié des investissements étrangers. Avec la conclusion de plusieurs grandes opérations attendues d’ici la fin de l’année, l’investissement en immobilier d’entreprise pourrait dépasser les 20 milliards d’euros en Ile-de-France.
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