L’évolution de l’emploi aux Etats-Unis invite la Fed à la prudence
Le Département américain du travail a indiqué que l’économie des Etats-Unis avait créé quelque 162.000 emplois au mois de juillet, permettant un repli de 0,2 point sur un mois du taux de chômage, à 7,4%. Aux yeux du Secrétaire américain au travail, Tom Perez, ces chiffres «montrent que notre économie continue à s’améliorer, lentement mais sûrement». Tom Perez a souligné que le taux de chômage atteint était le plus faible depuis décembre 2008 et que le secteur privé (161.000 créations en juillet) avait créé des emplois pour le quarante-et-unième mois consécutif.
Pour autant, le volume de créations d’emplois, le plus faible en quatre mois, est resté inférieur aux attentes d’une vingtaine de milliers de postes, en dépit de la création de 47.000 emplois au sein du seul secteur de la distribution. Et Washington a revu en baisse de 26.000 unités au total les volumes de créations pour les mois de mai et juin (à 176.000 et 188.000 contre 195.000 pour chacun). La baisse deux fois plus rapide que prévu du taux de chômage a qui plus est bénéficié d’une réduction de la population active.
Les statistiques ont dès lors produit un effet mitigé sur les observateurs. En témoignant d’une convalescence toute progressive de l’économie, le volume de création d’emplois peut certes susciter la déception mais peut «de manière quelque peu perverse» comme le confie à Reuters le patron du gestionnaire Sarhan Capital, Adam Sarhan, contraindre la Réserve fédérale à «continuer à faire tourner la planche à billets». Et ainsi à soutenir l’économie. Pour que la Fed ne mette pas trop rapidement aux yeux du marché fin à son programme d’assouplissement quantitatif, le rythme de croissance économique ne doit pas accélérer plus que de raison.
La chef économiste de BNP Paribas en Amérique du Nord, Julia Coronado, estimait que les chiffres du Département du Travail ne constituaient pas un «désastre» mais montraient que l’économie «reste vulnérable». «Ce n’est pas le genre d’évolution que la Fed aurait aimé constater», a-t-elle souligné, gageant que la Banque centrale resterait ainsi prudente quant à son calendrier de désengagement. En juin, le président de la Fed Ben Bernanke, a émis l’hypothèse d’un début de retrait d’ici fin 2013 vers une sortie à horizon mi-2014. Si toutefois l’économie américaine poursuivait d’ici là son rétablissement.
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