Les volumes de prêts syndiqués s’effondrent en France
Pernod Ricard a signé le 25 avril un crédit syndiqué multidevise de 2,5 milliards d’euros avec 25 banques, qui étaient prêtes à y mettre deux fois plus. Mais cette opération ne doit pas faire illusion. Depuis le début de l’année, les volumes des crédits syndiqués aux entreprises françaises plongent. Avant la transaction Pernod, les montants signés entre le 1er janvier et le 24 avril atteignaient l’équivalent de 20,5 milliards de dollars, selon Dealogic.
Le recul atteint donc 71% sur un an. Une glissade bien supérieure à celle que le marché enregistre au niveau mondial depuis le début de l’année. Pour les emprunteurs français, il s’agit du niveau le plus faible depuis 2000.
Cette diminution va de pair avec la moindre implication des banques françaises, devenues plus sélectives en raison des contraintes qui pèsent sur leur bilan. Les CA CIB et autres BNP Paribas ont ramené à 40 milliards de dollars le montant des prêts syndiqués accordés dans le monde depuis le début de l’année, contre près de 100 milliards à la même époque l’an dernier. En conséquence, leur part de marché mondiale est tombée à 5% alors qu’elle oscillait ces dernières années autour de 9 à 10%. En France, CA CIB est en tête du classement des arrangeurs de prêts avec 19,5% du marché, suivi par la Société Générale et BNP Paribas à 13,8% et 11,9%.
La baisse des volumes a une autre conséquence: la part des prêts syndiqués dans le financement des corporates en France est tombée à son plus bas niveau historique, à 13%. Car dans le même temps, les émetteurs français ont été très actifs sur le marché obligataire. Cette proportion entre financement bancaire et de marché ne s’entend bien sûr que pour les grands groupes, et exclut les prêts bilatéraux.
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