Les ventes de parts de fonds marquent le pas
Renversement de tendance sur le marché secondaire du capital-investissement (ou private equity). Alors que les achats et ventes de parts de fonds avaient fait preuve de dynamisme au cours des premiers semestres 2011 et 2012, le début d’année 2013 a connu la plus faible activité depuis 2009, selon l’étude bisannuelle de Cogent Partners.
Le cabinet de conseil aux investisseurs estime en effet le marché à 7 milliards de dollars, contre environ 13 milliards pour la mi-année 2011 et 2012. Ce résultat constitue une surprise: «Beaucoup d’intervenants de marché s’attendaient à un début d’exercice animé, une fois levées les incertitudes entourant l’élection américaine en novembre et les discussions sur la falaise fiscale en décembre; d’autant plus que cette perspective était soutenue par le redressement des marchés d’actions [donc des comparables boursiers des actifs en portefeuille, ndlr] à travers le monde en début d’année», rappellent les rédacteurs de l’étude.
Autre élément qui aurait dû attirer les vendeurs potentiels de parts de fonds: les prix ont été soutenus. Lors du premier tour d’enchères, les offres les plus élevées ont été faites en moyenne à 84% de la valeur de l’actif net comptable (NAV) au premier semestre, contre 80% au deuxième semestre 2012, estime Cogent Partners. Les prix ont été tirés par les fonds de LBO, pour lesquels les acquéreurs ont proposé 89% de la NAV. Au deuxième tour, les offres ont progressé de trois points de pourcentage.
Mais la hausse des marchés s’est révélée contre-productive, d’autant qu’elle s’est cumulée avec l’augmentation substantielle des distributions des portefeuilles de private equity aux investisseurs à partir de la fin de l’année dernière. Parmi ces derniers, ceux qui avaient envisagé de vendre tout ou partie de leurs parts de fonds ont du coup préféré les conserver ou retarder une éventuelle transaction.
Cogent Partners note également une modification dans la population des vendeurs, en particulier le retrait des fonds de pensions publics et des institutions financières (banques, assurances, etc.), plus prompts à s’engager dans des transactions supérieures au milliard de dollars, à même de soutenir le marché. «Nous estimons que ces deux catégories d’investisseurs ont représenté environ 25% des vendeurs au premier semestre 2013, contre 50% au semestre précédent», indique le cabinet de conseil.
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