Les turbulences de la planète finance font les beaux jours d’Icap
La fébrilité des marchés financiers a de quoi réjouir Icap. La volatilité des cours constitue en effet le socle de l’activité du principal courtier interbancaire au monde, qui a publié hier des résultats annuels préliminaires solides. Mieux, le directeur général d’Icap Michael Spencer a souligné que le groupe était parvenu à accroître ses parts de marché durant l’exercice écoulé. Sur fond d’une attention cette fois portée davantage sur la croissance interne après des acquisitions passées qui ont souvent peu convaincu.
Les catalyseurs de la volatilité des marchés sont connus, des troubles géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord aux efforts colossaux déployés par les gouvernements et les autorités internationales pour soutenir l’économie mondiale ou ses maillons faibles, ou aux craintes croissantes relatives à une résurgence de l’inflation. De quoi pour Icap enregistrer une hausse de 8% du chiffre d’affaires à 1,74 milliard de livres (1,98 milliard d’euros). L’activité issue des marchés émergents a dans ce contexte bondi de 35% pour atteindre 11% du total, tandis que celle liée aux matières premières a progressé de 22% (12% du total). En parallèle, l’activité issue des produits de taux (la principale, avec 40% du chiffre d’affaires) a affiché un gain plus mesuré de 10%.
Le résultat net a pour sa part progressé de 61% à 187 millions. Icap a avant tout souligné en termes qualitatifs les progrès réalisés vers l’objectif stratégique d’une répartition équilibrée entre les trois pôles d’activité. Pour la première fois, le courtage à la voix (voice broking) a représenté l’an passé moins de la moitié (46%) du résultat opérationnel courant (à 375 millions de livres), à la faveur du dynamisme tant du courtage électronique (+5 points à 33% du résultat) que des services post-exécution d’aide à la gestion du risque (+2 points à 21%).
Et Michael Spencer ne doute pas de la capacité d’Icap à poursuivre sa croissance pendant l’exercice en cours, sur fond d’une humeur toujours aussi fluctuante des marchés. Aux yeux du dirigeant, «l’environnement est riche d’incertitudes … le contexte est très encourageant».
Ombre au tableau, le groupe a annoncé le départ du responsable des opérations Mark Yallop, qui assumera ses fonctions jusqu’à la nomination d’un remplaçant.
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