Les trois géants de la notation accaparent 87% du marché européen
Au festin de la notation financière, les trois principales agences ne laissent que des miettes à leurs suivantes. Les autorités européennes ont dès lors mis en œuvre une réglementation censée renforcer la concurrence au sein du secteur en laissant d’autres acteurs que Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch se faire une place. Notamment, les émetteurs souhaitant faire appel à au moins deux agences pour une notation sont ainsi désormais invités à solliciter au moins un spécialiste de la question affichant une part de marché inférieure ou égale à 10%.
Afin de guider les émetteurs dans leur sélection, l’Autorité européenne des marchés financiers, l’Esma, se doit de publier chaque année le palmarès des agences agréées au sein de l’Union. Ce qu’elle vient de faire, pour les chiffres d’affaires 2012 des vingt-deux agences aujourd’hui concernées, en précisant les types de ratings effectivement distribués en 2013 (souverain, financement structuré, covered bond, ou entreprises financières et non financières).
Les parts de marché dans l’Union européenne dévoilées par l’Esma sont éloquentes. Moody’s et S&P caracolent en tête avec 34,7% et 34,6% des revenus 2012 du secteur, laissant Fitch à bonne distance avec 17,7%. Ces trois géants accaparent donc 87,0% des recettes. Seules deux agences parviennent par ailleurs à se hisser au-delà de 1% du marché, la britannique EIU (Economist Intelligence Unit, 4,6%) et l’italienne Cerved (2,6%). La canadienne DBRS Ratings, qui est la seule en dehors des trois mastodontes à avoir selon l’Esma publié son jugement cette année dans chacune des catégories de notation, affiche une part de marché de 0,97%, devançant l’allemande Feri Euro Ratings Services (0,81%).
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