Les rêves de transformation de MF Global se heurtent au scepticisme des investisseurs
Avis de mauvais temps pour Jon Corzine. L’ancien patron de Goldman Sachs (de 1994 à 1999) et gouverneur du New Jersey, aujourd’hui à la barre du broker dealer MF Global, voit son navire prendre l’eau de toutes parts. Moody’s a lancé lundi un sérieux avertissement en dégradant la note de long terme du groupe de Baa2 à Baa3. L’agence de notation redoute entre autres que MF Global ne parvienne pas à atteindre ses objectifs et pointe une gestion insuffisante du risque. De fait, la société accuse une perte nette record de 191,6 millions de dollars (1,16 dollar par action) au titre du deuxième trimestre de son exercice fiscal. Les investisseurs n’ont pas caché leur déception; l’action MF Global s’est effondrée hier de près de 48%.
C’est la stratégie de Jon Corzine qui se retrouve attaquée. Celui-ci entend faire de MF Global une sorte de «mini Goldman» spécialisé sur les matières premières. Bien qu’il ait affirmé hier qu’il n’entendait pas modifier sa feuille de route, le projet suscite la défiance. «Je pense que ce projet sera reporté de manière importante», a estimé Ed Ditmire, analyste chez Macquarie. «Leur capital est sous pression et ils doivent se concentrer sur le maintien de leurs niveaux de fonds propres et sur d’autres facteurs», a-t-il ajouté. De fait, la SEC, l’autorité américaine des marchés, a réclamé le mois dernier une amélioration de la solvabilité, à la lumière de l’exposition du groupe à la dette européenne. A fin septembre, elle atteignait 6,3 milliards de dollars, soit plus de 10% de ses actifs totaux. «(...) Nos positions sur ces risques relèvent de ma responsabilité personnelle et sont ma priorité», a glissé Jon Corzine.
Pour tenter de relever la tête, la société a dévoilé le mois dernier un plan de réduction de 30% des effectifs dans le courtage actions en Asie et en Europe. Au cours du deuxième trimestre, elle a également fortement réduit la voilure de ses activités pour compte propre, ce qui a conduit à une chute de 73% des revenus de trading propriétaire. «Vu le stress des marchés sur cette période, nous avons délibérément choisi de réduire notre exposition globale dans la plupart des activités de trading et de nous focaliser sur la préservation de nos capitaux et de notre liquidité», a résumé Jon Corzine.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre