Les restructurations de gros LBO se multiplient en France
Au fil des mois, le stock des LBO montés sur des multiples de dette élevés avant l’éclatement de la bulle du crédit en 2007 passent à la moulinette des restructurations. La prise de contrôle prévisible de Terreal, le fabricant de tuiles et de briques, par ses créanciers, constitue un nouveau revers pour LBO France, son actionnaire.
Le fonds a déjà restructuré début mars la dette de Consolis, une autre de ses participations dans le secteur du BTP, mais de manière moins douloureuse: l’investisseur a réinjecté 45 millions d’euros au capital du producteur d’éléments en béton, tandis que les prêteurs ont accepté de réduire de 760 millions à 300 millions d’euros la dette.
Un autre dossier emblématique a abouti au sortir de l’hiver: Quick. La chaîne de restauration rapide, détenue par Qualium (Caisse des dépôts), a signé mi-février un accord homologué par le tribunal de commerce de Bobigny dans le cadre d’une procédure de conciliation. Alors que la société faisait face à des échéances de dette importantes en janvier 2015 et janvier 2016, l’ensemble des maturités portant sur environ 390 millions d’euros de dette a été repoussé à 2017.
Les clauses des contrats de prêts (covenants) ont également été assouplies et les banques ont mis en place une ligne destinée à financer des acquisitions. En contrepartie, Qualium a réinjecté 30 millions d’euros de capital dans le groupe, acheté en janvier 2007.
A la différence de Terreal ou Consolis, positionnés sur un secteur qui souffre, Quick résiste bien à la conjoncture, selon des sources proches du dossier. La chaîne a surtout pâti de l’affaire d’intoxication alimentaire dans l’un de ses restaurants en janvier 2011, avec la mort d’un adolescent. La fréquentation et l’Ebitda avaient plongé cette année-là. L’an dernier, Quick a cependant réalisé un chiffre d’affaires record, à 1,05 milliard d’euros, et serait en avance sur son plan de marche en 2013. Le groupe espère dépasser 100 millions d’Ebitda à horizon deux ans.
Dans ce dossier, Rothschild a conseillé Quick et Willkie Farr l’actionnaire, tandis que BNP Paribas a servi d’agent pour le comité des créanciers, fort d’une vingtaine de membres. Lazard et Clifford Chance ont aussi conseillé les prêteurs.
D’autres dossiers devraient sortir dans les prochains mois. A commencer par la chaîne d’habillement Camaïeu, aujourd’hui propriété de Cinven, et qui discute avec ses créanciers, selon plusieurs sources.
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