Les réseaux à haut débit en Europe vont faire l’objet d’une convoitise accrue

Les besoins grandissants en bande passante favoriseront les transactions émanant des opérateurs télécoms ou des câblo-opérateurs
Yves-Marc Le Reour

Le succès des applications gourmandes en bande passante renforce le rôle des réseaux de communications à haut débit. Ceci a réveillé l’intérêt des grands intervenants du secteur pour des acteurs disposant d’une infrastructure de qualité leur permettant de proposer une offre différenciée au meilleur prix. En optant pour la croissance externe, les premiers s’épargnent ainsi des investissements industriels longs et coûteux à mettre en place.

Vodafone, qui s’est récemment déclaré intéressé par la reprise de Cable & Wireless (C&W), souhaite ainsi réduire l’engorgement de son réseau mobile britannique en faisant transiter ses transmissions de données sur le réseau en fibre optique de sa cible potentielle. Après plusieurs avertissements sur ses résultats, la valorisation de C&W est en outre particulièrement faible. Sa valeur d’entreprise de 840 millions de livres sterling (990 millions d’euros) ne représente que 1,8 fois son excédent brut d’exploitation historique contre 5,5 fois en moyenne pour le secteur des télécoms, selon Bloomberg.

En supposant une prime de 90% sur le cours de Bourse actuel, C&W se paierait seulement 3 fois l’Ebitda. Si l’intervention de fonds de private equity n’est pas à exclure, Vodafone, qui a jusqu’au 12 mars pour soumettre une offre formelle, «devrait tirer de cette transaction des synergies opérationnelles et fiscales lui permettant d’être plus agressif», indiquent les analystes de la banque Espirito Santo. Mais l’opérateur mobile devra bien évaluer sa capacité à redresser C&W, sans quoi «le dommage causé à sa réputation sera sans commune mesure avec l’impact financier réel de l’opération», nuancent les analystes de Berenberg Bank.

La fibre optique peut également intéresser les câblo-opérateurs. Le groupe américain Liberty Global songerait à faire une offre sur Ziggo, son homologue néerlandais qui projette de s’introduire en Bourse à Amsterdam le mois prochain, rapportait hier le quotidien néerlandais De Telegraaf. La valorisation de Ziggo, contrôlé par des fonds de capital-investissement, atteindrait 8 milliards d’euros «en raison de la qualité de son réseau». Liberty Global, déjà propriétaire aux Pays-Bas du deuxième réseau câblé UPC, verrait grâce à cette opération sa zone de couverture plus que doubler dans ce pays. Il s’était emparé voici près d’un an du câblo-opérateur allemand Kabel BW pour 3,2 milliards d’euros.

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