Les récentes fusions-acquisitions profitent à Rothschild

Dans un marché du M&A encore peu dynamique, les rares opérations d’envergure peuvent bouleverser la hiérarchie des banques conseil
Antoine Landrot

Joli doublé pour Rothschild. Ses équipes de conseil en fusions-acquisitions (M&A) ont décroché deux mandats dans des opérations d’envergure: en plus de son rôle auprès de Publicis dans le cadre de son rapprochement avec Omnicom, annoncé pendant le week-end, pour créer un ensemble capitalisant 26,5 milliards d’euros, la banque épaule Essilor dans l’acquisition de la participation de PPG Industries dans leur société commune Transitions Optical, dans un deal qui valorise cette dernière à 2,6 milliards d’euros. A chaque fois l’établissement a été seul conseil de son client, laissant entrevoir de juteuses commissions.

Etant donné la pauvreté actuelle du marché des M&A en Europe, participer aux rares opérations de taille assure une place de choix dans les classements en fusions-acquisitions. Une opportunité inespérée pour les structures moyennes et les boutiques, face aux mastodontes de la banque d’investissement, comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, ou JPMorgan.

Ces géants font valoir leur palette de métiers dans des opérations qui impliquent souvent de lourdes opérations financières. Mais ces atouts instillent aussi le doute dans l’esprit du client quant à l’indépendance de leurs conseils.

En l’occurrence, la fusion Publicis-Omnicom n’est associée à aucune autre opération majeure et se distingue par l’absence des grandes banques. Du côté d’Omnicom, c’est en effet une boutique américaine, Moelis & Co, peu connue sur le Vieux Continent, qui a remporté le mandat.

Autre évolution dans les opérations récentes, le nombre de conseils diminue. Hormis Publicis/Omnicom, Goldman Sachs a été seul conseil auprès de PPG. L’acquisition d’Elan par Perrigo a mobilisé cinq banques et la cession d’Activision par Vivendi en a nécessité quatre. Loin de la douzaine aperçue parfois avant la crise financière.

Le deuxième semestre commence donc bien pour Rothschild, qui illustre sa capacité à mener des opérations transatlantiques majeures. La banque a connu un exercice 2012 difficile en raison de la baisse du marché des fusions-acquisitions et avait chuté dans les classements portant sur les opérations conclues au premier semestre 2013. Elle avait chuté de la première à la 5e place selon le classement de L’Agefi pour le marché français et glissé de la 5e à la 13e place en Europe selon Thomson Reuters.

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