Les propositions sur le financement participatif suscitent des réactions en demi-teinte
Au démarrage de la consultation sur les propositions de réforme du financement participatif, les avis paraissent mitigés. Michel Ivanovsky, co-fondateur et PDG de Mipise, une société qui déploie des solutions de «crowdfunding», souligne «la volonté du gouvernement de faire avancer les choses», avec la possibilité pour les plates-formes de pouvoir intermédier la levée en capitaux propres et l’ouverture d’une brèche dans le monopole bancaire.
«Cela devrait lancer le marché du crowdfunding et laisser de la place à des acteurs de petite taille», espère-t-il, tout en restant prudent sur l’issue de la consultation. Les co-fondateurs de Prêt d’Union suggèrent de leur côté que l’Etat place une partie de sa trésorerie en tant qu’«investisseur-prêteur», sur le modèle britannique.
En revanche, Thierry Merquiol, co-fondateur de Wiseed, une plate-forme de «crowdfunding» de PME, ne cache pas sa déconvenue. «Le seuil de 250 euros (limite pour un financement de prêt par personne et par projet, ndlr) est très décevant», regrette-t-il. S’agissant du statut de conseiller en investissement participatif (CIP), qui permettra le financement en fonds propres d’entreprises (jusqu’à 300.000 euros sur 12 mois) sans exigence d’un capital minimum réglementaire et sans agrément bancaire, il s’interroge sur le périmètre couvert.
«Est-ce que le CIP pourra faire de l’exécution d’ordres ?», demande-t-il, en devinant une issue négative. La société, qui a aujourd’hui le statut de CIF (conseiller en investissement financier) et travaille avec Alternativa, un prestataire de service d’investissement (PSI), songe d’ailleurs à adopter ce dernier statut, alors que le cumul des statuts CIF-CIP sera impossible. « On ira vers le statut de PSI (assorti d’une exigence en capital réglementaire de 730.000 euros, ndlr), car si on veut travailler dans un cadre européen, comme l’a suggéré Fleur Pellerin, il nous faudra un passeport qui est lié au statut de PSI», relève Thierry Merquiol.
«Il ne faut pas créer de distorsions de concurrence effectives entre les acteurs tout en protégeant le consommateur-investisseur», résume pour sa part Françoise Palle-Guillabert, délégué général de l’Association des sociétés financières (ASF). La représentante estime en outre que «les autorités doivent mesurer soigneusement l’ampleur des dérogations à l’exercice de professions réglementées». Le débat ne fait que commencer...
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