Les promesses des obligations indexées sur le PIB
Les obligations indexées sur le PIB (OIP) présentent un double avantage, selon la Banque de France : ils confèrent aux pays émetteurs des marges de manœuvre contracycliques et permet aux investisseurs de tirer profit de la baisse du risque de défaut des Etats, souligne l’institut d’émission dans un rapport paru mi-novembre. Pour la Banque de France, l’objectif est d’identifier les pays qui pourraient le plus bénéficier de ce nouveau type d'émission, aucune OIP n’ayant encore été émise sur les marchés financiers à ce jour.
Entrant dans le détail de la mécanique obligataire, le rapport explique que l’OIP permet de « transférer une partie du risque de croissance aux investisseurs » puisqu’il ajuste le service de la dette (intérêt et capital) aux variations du PIB. Quand la croissance s’accélère, le service de la dette augmente et inversement. Les OIP permettent donc aux États d’ «immuniser leur ratio d’endettement sur PIB contre les chocs macroéconomiques», réduisant ainsi le risque de défaut. Pour les investisseurs, cette baisse de la probabilité de défaut est rassurante. Les OIP permettent aussi à ces derniers de «prendre une option sur la croissance, bénéficiant potentiellement des effets de rattrapage des pays émergents, de prendre un risque en monnaie locale, tout en se couvrant partiellement contre le risque de change, et de diversifier efficacement leurs portefeuilles».
La France fait aujourd’hui partie des pays qui bénéficieraient grandement de ce nouveau type d'émissions. Les auteurs du rapport chiffrent à plus de 5% la baisse du ratio dette sur PIB à l’horizon de 25 ans grâce à ces nouvelles obligations, et dans les 5% de cas les plus défavorables d'évolution des trajectoires de la dette. Les investisseurs, eux, pourraient profiter d’une baisse de volatilité de plus de 12 points d'écart-type pour un portefeuille de référence diversifié à l’aide de ces obligations.
L’OIP pourrait toutefois souffrir de l’incertitude liée à la fiabilité des données de comptabilité nationale qui devront être certifiées à grand peine par des tiers de confiance. S’agissant d’un nouveau produit, la valeur d'échange sera difficile à établir, et l'émission devra être suffisante pour atteindre une masse critique qui garantira la liquidité du produit. Aussi, à une prime de risque plus élevée, s’ajoutera une prime de nouveauté venue compenser la difficulté d’évaluer justement le produit pour la première émission et une prime de liquidité en cas d’émission faible.
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